TEXTE pour l'HISTOIRE
par Norodom Sihanouk
Beijing, le 15 Juin 2003
* Mars 1970.
Après le saccage des Ambassades de la RDV et du Viet Cong (FNL du SVN), à Phnom Penh, par les Sbires (militaires déguisés en citoyens civils) du Colonel LON NON, frère du Général-Premier Ministre LON NOL, les Lonnoliens, Sirikmatakiens, Simvariens, Trinh Hoanh et Cie osèrent ouvertement me critiquer à propos de ma politique "pro-communiste", "pro-Vietminh" et "pro-Vietcong" et "anti-USA".
Je me trouvais, en ce moment-là, à Paris et me préparais à prendre un avion pour Moscou (URSS) où je devais effectuer une visite d'Etat.
A l'Ambassade Royale du Cambodge, j'eus une entrevue avec Samdech Penn Nouth et "mon" Ambassadeur (S.E. Son Vœunsai). Je leur révélai qu'une fois de retour à Phnom Penh, je convoquerais le Congrès National du Peuple pour demander à ce dernier de se prononcer nettement, clairement pour ou contre ma politique ouvertement critiquée et condamnée par la Clique de Lon Nol, Sirik Matak, Sim Var, Trinh Hoanh.
Une fois Sihanouk parti, en avion, pour Moscou, S.E. l'Ambassadeur khmer SON VOEUNSAI s'empressa d'informer Lon Nol et Sirik Matak de mon plan : un Congrès National spécial du Peuple aura à choisir entre moi et "la clique de Lon Nol - Sirik Matak pro-Impérialisme U.S.".
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* Au cours de mon séjour (officiel) à MOSCOU, les Dirigeants de l'URSS ne cessaient pas de me conseiller fortement de rentrer sans délai au Cambodge, sans passer par la R.P. de Chine. Ces éminents Leaders soviétiques, comptant sur moi pour "empêcher LON NOL et son gouvernement de changer ma politique pro-Résistance anti-Impérialisme U.S. des Communistes Vietnamiens", me disaient qu'un avion spécial de l'URSS se tenait déjà prêt à me transporter, ainsi que ma Femme et toute ma suite de l'Aéroport d'Etat de Moscou à l'Aéroport de Pochentong.
Mais, à Moscou même, je reçus un télégramme de mon auguste Mère qui me demandait de ne pas rentrer chez nous. Les Lonnoliens et Sirikmatakiens n'avaient pas osé s'opposer à l'envoi par Sa Majesté ma Mère de ce télégramme.
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* Ce que certains Khmers bien informés me firent savoir, plus tard, après le Putsch en date du 18 Mars 1970, était le "Plan" suivant de la Clique de Lon Nol –Sirik Matak - Lon Non :
Si, avant ce 18 Mars 1970, l’avion me transportant atterrissait à l'Aéroport de Pochentong, on me conduirait, en automobile, de cet aéroport à la montagne de KIRIROM où je serais liquidé. Mais si "mon" avion atterrissait à l'Aéroport de Siemreap-Angkor, on me conduirait, en auto, de cet aéroport à la montagne (Phnom) KOULÈN où je serais liquidé.
