DOCUMENT pour l'HISTOIRE
Beijing, le 21 Juin 2003
Journal "LE MONDE", numéro du 25 Mars 1972.
Extraits : "Dans le journal KHMER EKAREACH, M. SIM VAR vient d'écrire dans deux Editoriaux successifs : "... Le matériel de l'aide étrangère, par exemple les ambulances, n'est donné aux provinces que contre des pots-de-vin. Il en est de même pour les munitions demandées par nos troupes en province. (...) L'anarchie est dix fois plus grande que du temps de Sihanouk, car les services de douane ne font pas leur travail et des gens haut placés couvrent les contrebandiers. (...) La corruption est maintenant cent fois plus répandue".
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"Le Calice jusqu'à la lie...".
Première Partie - Chapitre 1.
Appendice additionnel.
PARIS-MATCH, Mars 1970. "SIHANOUK", par JACQUES LAURENT :
Extraits : "Il ne fume pas. Il ne boit pas. (...) Sihanouk aime interrompre un voyage pour aider un paysan à conduire un tracteur ou à construire une maison. (...) Ce bain de foule était un rite. Chaque semaine un hélicoptère le déposait dans une région de son pays. Ainsi soignait-il sa réputation de prince démocrate. (...) Son habileté diplomatique n'était pas moins grande. Il obtint l'Indépendance en 1953, sut être l'ami de Mao (Tse-Toung) et c'est à Phnom Penh que de Gaulle prononça son discours sur la guerre du Vietnam. (...) Le Cambodge a réussi à conserver la paix (...). Parfois on entendait un roulement qui ressemblait à celui d'un orage. C'était, parce que ce soir-là le vent portait la haute voix du canon vietnamien. Elle n'en faisait que plus savourer la douceur de vivre cambodgienne.
Cette paix, il est indéniable qu'elle était l'oeuvre de Sihanouk. En 1941, il ne fut d'abord qu'un souverain purement représentatif dont la fonction consistait, coiffé d'une tiare d'or et entouré de porte-parasols zélés, à présider des cérémonies rituelles dans son palais royal de Phnom Penh, du plus pur style colonial aux fresques franco-orientales, renforcées de vases de Sèvres et de Bouddhas dorés. La vieille Sisowath Kossomak, la reine-mère détentrice du titre de gardienne du Trône, l'assista de son autorité quand les choses se gâtèrent en 1944. Les Japonais, en effet, avaient évincé les Français et pris la gestion directe de l'Indochine. (...) Sihanouk faillit être lynché dans son palais par une bande de partisans (pro-Japonais) qui l'accusaient d'avoir vendu son pays.
- A qui l'aurais-je vendu ? demanda-t-il en riant. Aux Japonais ? Ils n'avaient pas besoin de l'acheter. Ils l'avaient. Aux Français ? Ils étaient en prison.
(...) Sihanouk se servit des Français pour récupérer les trois provinces dont la Thaïlande (ex-Siam), alliée des Japonais, s'était emparé. Puis il s'attacha pacifiquement à arracher son indépendance à Paris. On lui en octroya une d'abord qui était purement fictive. Il se garda de s'en satisfaire plus d'une semaine. Aussitôt après, il reprit son pacifique combat. Il aime à dire : "Je suis têtu comme un Breton".
(...) Il ne voulut, à aucun prix, être embarqué par Washington dans une guerre contre Hanoi.
"Je préfère la pauvreté et la paix, aux dollars et à la guerre", disait-il. (...) Il est difficile de rester neutre quand on est géographiquement et politiquement au coeur d'un combat. Bien sûr, quand il baptisait une avenue de sa capitale du nom de Mao-Tsé-Toung, il se hâtait d'en baptiser une autre du nom de Kennedy.
(...) "Nous ne sommes ni pour le camp socialiste ni pour le monde libre".
(...) Sihanouk crut longtemps dans la conciliation des contraires. (...) Son rêve était "une Asie du Sud-Est neutralisée". C'est ce rêve qui vient de s'écrouler.
(...) On sait que dans le coeur de ses sujets, il est toujours le Roi. Depuis sa destitution, en effet, chaque matin, les Bonzes ont continué de réciter la prière rituelle où ils souhaitent à Norodom Sihanouk Varman de vivre jusqu'à cent ans, - comme le veut l'antique tradition khmère (...)
