Etudes Cambodgiennes
Le vital Problème de la Lutte contre la Pauvreté,
par Norodom Sihanouk
Beijing, le 1er Juillet 2003
I/- Les distingués Supporters de S.E.
Samdech HUN SEN,
,
ont absolument raison d'affirmer que la
construction par Samdech de milliers de bâtiments scolaires, d'innombrables
hôpitaux, infirmeries, centres de santé, réalisations dans le cadre de ce que
j'appelais, au temps du SRN, "la Politique de l'Eau", ponts, routes, pistes,
sans compter les usines appartenant à de grandes Sociétés, sont les meilleurs
moyens de vaincre la Pauvreté de notre Peuple. A cet égard, les résultats sont
très convaincants en faveur du Peuple.
II/- Mais on est obligé de faire, jusqu'à l'heure actuelle (Juillet 2003), le constat suivant : Il y a toujours, au Cambodge, des millions de Khmers et Khmères qui n'ont pas de riz pour manger et qui ne survivent que par le riz si généreusement donné à eux et à elles par S.E. Samdech et Lok Chumtiev HUN SEN, par les autres Grands du PPC, par les richissimes Supporters et Amis khmers et étrangers du PPC. (Sans compter les aides du Roi et de la Reine offertes aux Compatriotes qui affirment qu'ils n'ont pas de riz pour manger).
III/- Les principales causes de ce
manque dramatique de riz chez notre Peuple dans sa grande majorité et qui pousse
même beaucoup de nos pauvres à se faire, en abandonnant leur sens traditionnel
de la dignité de notre race "khmère angkorienne",
-sic
!- à se faire, dis-je, mendiants au
Sud Vietnam et en
Thaïlande [certains de nos compatriotes voulant soi-disant garder leur
"dignité" se font, en Thaïlande surtout,voleurs,
pirates, gangsters (!!!)], les principales causes, dis-je, de ce manque
dramatique, continuel, quotidien de riz pour manger sont les suivantes :
a/- la DÉFORESTATION alias DÉBOISEMENT de notre Pays avec les conséquences catastrophiques que tout le monde connaît et que je n'ai pas besoin de répéter ici.
.
b/- le rétrécissement de notre territoire national dont la superficie était de 181.000 km² dans les années 1963 à 1969 et qui est (les grands journaux étrangers, occidentaux, etc... l'écrivent) de 176.000 km² (dans les années 1990).
Le fait que, avec la perte de 5.000 km 2 de terre et îles, notre population qui était seulement de 8 millions de personnes sous le SRN ait augmenté jusqu'à atteindre 12 millions de personnes, explique pourquoi le problème de production de riz est devenu, dans cette "ère nouvelle", dramatique.
"Avant" : la superficie du Cambodge était plus grande qu'elle ne l'est aujourd'hui et sa population beaucoup plus petite. "Maintenant", nous avons moins de terres productrices, beaucoup moins de rizières, et notre population est beaucoup plus grande (plus de douze millions de personnes contre 7 à 8 millions).
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c/- mais ce grand drame s'explique également par le fait qu'il y a ces "land-grabbings" par les riches et les puissants dont j'ai déjà parlé dans certains de mes textes précédents et par le "choix" fait par une (petite) partie de notre jeunesse de mépriser les rizières et d' "honorer" le gangstérisme (il s'agit ici, hélas, d'une réalité).
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Dans cette petite et courte étude, je n'ai pas la prétention de donner les explications sur le manque de riz chez des millions de nos compatriotes.
Je m'arrête ici. Comme le Roi règne mais ne gouverne pas, je dois laisser aux "nouveaux" élus du Peuple souverain (élections du 27 Juillet 2003) le soin de résoudre ce vital problème de riz.
Au temps du SRN, j'avais toujours pensé (et tous mes Sahachivins et Sahachivinis avaient toujours pensé) que la seule solution pour notre Peuple de ne pas être pauvre, c'est de donner des rizières à tous ceux et toutes celles qui voulaient ou acceptaient d'être riziculteurs et continuer notre grande et multiséculaire tradition d'une agriculture toujours riche et prospère.
C'est une "vérité de La Palice" que de conclure : Pour ne pas manquer de riz, il faut le produire soi-même en quantité suffisante.
Un proverbe français dit : "Aide-toi et le Ciel t'aidera".
Le problème de la Pauvreté sera résolu le jour où notre Peuple produira beaucoup de riz, comme au temps du SRN, c'est-à-dire plus que suffisamment pour se nourrir et avec un grand surplus pour l'exportation annuelle.
