MISE AU POINT
se rapportant au livre de Mr Harish C. MEHTA
"WARRIOR PRINCE"
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MISE AU POINT (A)
Phnom Penh, Dimanche 23 Septembre 2001
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Dans le livre intitulé "Warrior Prince" de Mr Harish Chandra Mehta, livre qui vient d'être "lancé" à Bangkok (Thailande), il y a des contre-vérités dont certaines me concernent.
A cet égard, j'ai le devoir de faire connaître aux personnes (cambodgiennes et étrangères) éprises de justice et de vérité ce qui suit (cette Mise au Point "a", sera, dans un proche avenir, suivie d'une autre Mise au Point, "b") :
I/- Parmi les 14 enfants que j'avais, le Prince Ranariddh et sa soeur aînée (la Princesse Buppha Dévi) -issus de la même mère (Madame Kanhol)- étaient en vérité les plus chanceux et privilégiés. Il et elle étaient -et de loin !- les préférés de S.M. ma Mère et de Samdech Rasmi Sobhana, ma tante (soeur de mon Père). Ma Mère et ma tante (qui étaient riches) les élevaient et éduquaient avec les plus grands soin et amour et faisaient en sorte qu'il et elle ne manquassent de rien. Elles leur donnaient des maisons, automobiles, etc..., etc... .
Il est absolument faux de dire que j' "enviais" Ranariddh et que j'avais même empêché ma Mère de lui donner assez d'argent pour son séjour d'études en France.
Et je n'ai jamais accusé Ranariddh d'être "un playboy". C'était moi qui, dans ma jeunesse, étais un "playboy". Je n'aurais pas eu l'indécence d'attribuer à l'un de mes fils (ou à une autre personne) un défaut (ou une faute) qui était le mien (ou la mienne).
II/- Samdech Ranariddh a dit que je ne l'avais pas soutenu lorsque sous le régime de Lon Nol on lui fit subir de mauvais traitements.
A cet égard, je donne l'assurance que, moralement, je souffrais énormément du fait que les Putschistes du 18 Mars 1970 maltraitaient S.M. mon auguste Mère et mes enfants. Parmi ceux-ci, la Princesse Botum Bopha (fille de S.A.R. la Princesse Sisowath Pongsânmoni) et le Prince Naradipo (fils de S.A.R. la Princesse Sisowath Monikésân), ayant osé faire des déclarations publiques et distribué des tracts me soutenant et condamnant sévèrement les Putschistes, furent condamnés par un tribunal Lonnolien à de lourdes peines de prison. Mes fils Racvivongs et Khémanourak entrèrent dans le maquis de la Résistance anti-Lonnolienne et moururent par la suite, Racvivongs de maladie (malaria) et Khémanourak tué d'une façon atroce par les Khmers Rouges. Si, me trouvant à Pékin, je n'ai pas fait de déclaration soutenant, à cette époque-là, mes enfants, c'était pour ne pas attirer sur eux et elles davantage de "foudres" des putschistes-"républicains".
III/- Il est très injuste de m'accuser d'avoir fait (dans les années 1990) un "deal" (en anglais) avec S.E. Samdech HUN SEN pour "désavantager" le Prince Ranariddh et le FUNCINPEC au profit du P.P.C. présidé par S.E. Samdech CHEA SIM.
En 1993, le FUNCINPEC remporta la victoire aux élections législatives en ayant eu recours à une très ample utilisation de mon nom et de ma popularité auprès du Peuple de notre Pays. Mais la régularité des résultats de ces élections fut contestée "jusqu'au bout" par S.E. Samdech HUN SEN et son P.P.C. .
On en arriva à cette situation dramatique sinon explosive : d'une part, on avait un Parti politique vainqueur aux élections mais qui ne pouvait accéder au Pouvoir gouvernemental, et, d'autre part, un grand Parti politique, vaincu à ces élections, qui refusait de céder le Pouvoir gouvernemental au vainqueur.
Pour sortir de cette situation extrêmement dangereuse pour le Cambodge et son Peuple, j'ai dû proposer aux Leaders du FUNCINPEC et du PPC un gouvernement de coalition avec S.A.R. Samdech NORODOM RANARIDDH comme Premier Premier Ministre et S.E. Samdech HUN SEN comme Deuxième Premier Ministre.
De ma part, il ne s'agissait que d'une simple proposition. Du côté FUNCINPEC, on accepta, faute de mieux, ladite proposition... mais avec colère contre moi.
En 1997, le Cambodge et son Peuple eurent à souffrir d'une guerre civile certes courte mais d'une violence terrible.
Avant cette tragique guerre civile, je n'ai pas du tout proposé à Samdech Ranariddh de renoncer à la vie politique. Je lui avais seulement demandé d'éviter que le refroidissement visible des relations entre FUNCINPEC et PPC ne nous amène vers une confrontation armée.
Par ailleurs, je dois rappeler (car il s'agit d'un fait historique indéniable) que, sans mes efforts, mes démarches auprès de Samdech Chea Sim, Samdech Hun Sen - PPC, l'organisation par moi de rencontres inter-cambodgiennes à Siemreap, puis à Phnom Penh (en 1998), Samdech Ranariddh et le Funcinpec n'occuperaient pas l'importante position qu'ils occupent, depuis fin 1998 jusqu'à maintenant, dans le cadre de l'Etat et de la nation cambodgiens.
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MISE AU POINT (B)
Phnom Penh, Mardi 25 Septembre 2001
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I/- Il n'est pas vrai que S.M. ma Mère et Samdech Rasmi Sobhana ma tante ont privé (séparé) le Prince Ranariddh de sa mère, Madame Kanhol, celle-ci étant "roturière". Bien au contraire, Madame Kanhol, avant son mariage avec Mr Chap Huot (en 1947), était toujours restée chez ma mère et chez ma tante et, par conséquent, aux côtés de sa fille Buppha Dévi et de son fils Ranariddh.
Madame Kanhol était même, et de loin, la belle-fille préférée de S.M. ma Mère.
Par ailleurs, il importe de signaler que ma famille ne faisait et ne fait, dans ses relations avec nos compatriotes et autres, aucune distinction de "classe sociale" entre les "roturiers", les "bourgeois", les "aristocrates", les riches et les pauvres, les "puissants" et les "faibles".
Pour ce qui me concerne en particulier, celui qui m'a toujours soutenu en toutes circonstances était et est le "petit peuple" (que je respecte et aime le plus).
II/- Il n'est pas vrai que j'ai réprimandé ou critiqué le jeune Prince Ranariddh à propos de son amour pour les voitures de sport et de la grande vitesse automobile. C'était moi-même qui aimais les voitures de sport (sans pour autant me "livrer" à la grande vitesse).
Je hais l'Injustice sous toutes ses formes et je n'ai jamais grondé ou critiqué mon fils Ranariddh à propos de voitures de sport ou d'autres choses dont il n'était pas coupable.
III/- A aucun moment, je n'ai dit à la Princesse Marie Ranariddh : "You have to be very careful with my son Ranariddh because he used to change his girlfriends every holyday".
Je ne pouvais pas dire une chose pareille car je savais que le Prince Ranariddh n'était pas un playboy. Par ailleurs, on affirme (injustement) que je m'étais opposé à l'envoi du jeune Ranariddh en France pour y faire ses études alors que je (Sihanouk) avais fait mes études en France (sic !).
La vérité est que je n'ai jamais fait des études en France, sauf 2 stages (l'un en 1946 et l'autre en 1948 à l'Ecole d'Application de l'Arme Blindée et de la Cavalerie à Saumur).
Je faisais mes études au Lycée Français Chasseloup-Laubat, à Saïgon (Kampuchea Krom alias Cochinchine, aujourd'hui Sud Vietnam), lorsque (en 1941) je fus choisi pour être Roi du Cambodge.
IV/- Si je n'ai pas désigné le Prince Ranariddh (ou un autre Prince cambodgien) pour être Roi ou futur Roi du Cambodge c'était parce que notre Constitution (ancienne ou actuelle) ne me permettait et ne me permet pas de désigner ou choisir ou proposer qui que ce soit pour être Roi de notre Pays.
Au Cambodge (et cela depuis la mort de S.M. NORODOM), le Roi est élu par le Conseil de la Couronne composé du Premier Ministre, des deux Chefs suprêmes des moines bouddhistes, etc...).
V/- A aucun moment, je n'ai demandé ou suggéré au FUNCINPEC de se dissoudre pour s'intégrer au sein du PPC. Et je ne me rappelle pas avoir dit au Prince Ranariddh et au Prince Sirivudh, en 1993, que le FUNCINPEC allait être battu par le PPC et qu'il ne Lui resterait que la "solution" du suicide à l'instar de certains joueurs ayant tout perdu dans un Casino de Monte-Carlo.
Il est vrai que j'aimais évoquer, dans mes conversations avec des amis intimes ou membres de ma famille, l'histoire d'un Casino de Monte-Carlo, qui, selon un magazine d'Europe des années 1940, avait, à la disposition des joueurs grands-perdants, des revolvers leur permettant, s'ils le désiraient, de s'en aller dans un monde meilleur. Mais à aucun moment, je n'ai lié cette "histoire" (d'ailleurs peu crédible) à une soi-disant "cuisante défaite" du FUNCINPEC face au PPC.
En tant que Père-Fondateur du FUNCINPEC, je n'avais qu'affection pour Lui. Et en tant que Président neutre du CNS devant coopérer avec l'UNTAC, je me devais de me placer au-dessus des Partis politiques cambodgiens et de ne "travailler" pour aucun Parti. Cela ne m'empêcha pas de rendre (peu de temps avant les élections législatives de 1993) une visite officielle très affectueuse au QG du FUNCINPEC et au peuple son supporter près de la frontière khméro-thaie.
VI/- On dit que (dans les années 1950-1960) je ne prenais pas la peine de présenter mes enfants aux illustres visiteurs (le Général de Gaulle, le Premier Ministre Chou En Laï...).
Dans le cadre de mes nombreuses visites d'Etat (en France, en Indonésie, en URSS, en RPC, en Tchécoslovaquie, etc..., etc...), je constatai qu'aucun Chef d'Etat (ou Chef de Gouvernement) ne me présentait ses enfants ou petits-enfants. Au point de vue protocolaire, je me devais d'imiter ces Chefs d'Etat et Chefs de Gouvernement, mes "hosts".
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MISE AU POINT (C)
Phnom Penh, Mercredi 26 Septembre 2001
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Dans ce livre, on prétend qu'après l'acquisition de son Indépendance totale en 1953, le Cambodge n'a fait aucun progrès, économique et autre, et que même vers la fin de l'exercice de mon pouvoir (1968-1969) notre riziculture fit faillite, plongeant le peuple khmer dans la misère.
Avant de donner, dans la présente Mise au Point, les statistiques essentielles concernant nos progrès dans les principaux domaines de notre édification nationale (années 1955-1967/1968), j'ai l'honneur de présenter aux personnes éprises de Justice une partie des nombreux témoignages spontanés d'honorables journalistes occidentaux (Monde Libre), évoquant l'excellente situation sociale, économique, etc... du Cambodge à l'époque du SRN et le bonheur et la prospérité du Peuple cambodgien à cette époque-là (y compris les années 1968, 1969 et (début) 1970).
(Note : je me permets de souligner les mots les plus importants et les plus significatifs qui constituent le rétablissement de la Vérité face aux déformations de cette Vérité se trouvant dans le livre de Mr Harish C. MEHTA. NSihanouk).
LE FIGARO, numéro du 16 Mai 1980. François NIVOLON : "Au début de 1970, le Cambodge était prospère, sa balance de paiements équilibrée. La moisson de 1969 avait été superbe et promettait un surplus exportable de quatre cent mille tonnes de riz. La raffinerie de pétrole de Kompong Som avait été inaugurée et aussi la liaison ferroviaire entre ce port et Phnom Penh. Le réseau routier était excellent et, avec l'atterrissage de jets et la construction d'hôtels, le tourisme prenait un nouvel essor."
A.F.P., Phnom Penh, 24 Septembre 1973. Roland Pierre PARINGAUX : "Dans un pays où, avant la guerre, on ne voyait pas un mendiant ...".
A.P., Phnom Penh, 17 Mars 1974. Matt FRANJOLA : "It is difficult now to imagine the Cambodia of four years ago - a tropical Kingdom peopled by prosperous peasants, visited by thousands of tourists, and led by a prince whose subtle balancing acts kept his country from being sucked into the wars in Laos and Vietnam" (Note : ce témoignage de Mr Franjola (que je ne connaissais et ne connais pas) constitue une "réponse" cinglante, bien qu'indirecte, à l'accusation selon laquelle ma soi-disant "alliance" avec le Vietcong et les Nord-Vietnamiens a amené (en 1970) la guerre au Cambodge. Par ailleurs, les 3 témoignages spontanés ci-dessus montrent que le Cambodge, même vers la fin du pouvoir de Sihanouk et du SRN, était prospère et son peuple était prospère aussi, non seulement ne manquait pas de riz mais en avait un surplus exportable de 400 000 tonnes. Et il n'y avait pas de mendiant. NSihanouk).
REUTERS, Phnom Penh, 23 December 1970. Peter SHARROCK : "Before the overthrow of Prince Norodom Sihanouk last March a record year for rice and overall export earnings was forecast. Cambodia's foreign exchange reserves are still at the healthy level".
PHILADELPHIA EVENING AND SUNDAY BULLETIN, 1968. Paul GRIMES : "Sihanouk has built hundreds of hospitals and schools".
LE FIGARO, 4 Décembre 1973. François NIVOLON : "Quand Sihanouk était ici, (..) nous n'étions pas pauvres".
THE CHRISTIAN SCIENCE MONITOR, May 1987 : "International aid workers in Phnom Penh and many Cambodians say that a majority of peasants still like Sihanouk, remembering the peaceful, prosperous years of his rule in the 1960s ..".
NEWSWEEK, 14 December 1987. Paula CHIN, Fay WILLEY with Ron MOREAU in Phnom Penh : "Many Cambodians talk fondly of the Belle Epoque of Sihanouk's reign when, as one citizen said, there was no war, salaries were high and chicken were cheap".
THE AUSTRALIAN, February 1988. James PRINGLE : "From independence in 1953 until his overthrow in 1970, compared with what has come since (..), they now look upon Sihanouk's previous tenure as some kind of "golden Age"..".
FEUILLE D'AVIS DE SAINTE-CROIX, Octobre 1968 : "Au Cambodge, l'analphabétisme a presque totalement disparu".
LE BIEN PUBLIC, 8 Janvier 1969 : "Dans les régions éloignées et difficilement accessibles, les forces armées royales khmères bâtissent des écoles et des hôpitaux ..".
ASIA SURVEY, Janvier 1969. Bernard K. GORDON : "Hardly a week has passed without Sihanouk's personal attendance at the opening of a new school, dispensary ...".
PAUL GRIMES, in BULLETIN, News Analysis, U.S.A., 22 March 1970 : "Sihanouk would spend five or six days a week stumping the remote countryside and getting close to the people. He built schools and hospitals and gained widespread reverence."
(Note : Mr Paul Grimes a écrit ces lignes 4 jours après le Coup d'Etat des Lonnoliens à Phnom Penh. Il me rendait justice. NSihanouk).
René de BERVAL, Directeur de la Revue "FRANCE-ASIE". Article publié en 1967; extraits : "A voir ce qui, depuis treize ans, a été réalisé est proprement stupéfiant quand l'on songe que pratiquement tout est dû au Prince lui-même. (...) C'est justement ce progrès que j'ai pu voir partout. Dans chaque cité où je suis passé, j'ai vu régner la propreté et l'harmonie. Toutes possèdent au moins une école, une infirmerie, un centre social, quand ce ne sont, dans les agglomérations plus importantes, une grande université, un spacieux hôpital ...".
GUY LAGORCE, dans le journal "L'EQUIPE", 1966; extraits : "Cérémonie d'ouverture grandiose. Absolument effarante, gigantesque; une énorme machinerie merveilleusement réglée. Des mouvements d'ensemble d'une rare beauté, dont on n'a pas idée en Europe. 20000 enfants dessinent, en ouvrant des cahiers de couleurs des visages, des mosaïques, des tableaux mouvants. Une véritable splendeur. (...) Ce qui reste au soir de cette cérémonie qui a duré quatre heures, c'est un foisonnement somptueux, inoubliable de couleurs. Le stade débordait de 120 000 spectateurs. Effarant!".
GUY LAGORCE, dans le journal "L'EQUIPE", 18 Janvier 1967; extraits : "Le complexe sportif de Phnom Penh est une splendeur. Je pense même qu'il n'est pas une autre ville au monde de 600 000 habitants qui puisse se vanter de posséder un ensemble aussi somptueux. De nombreuses capitales européennes, et Paris la toute première, seraient heureuses d'en avoir un semblable. Gymnases immenses et ultramodernes, piscines, stades omnisports, tout était d'une rare beauté. (...) beaucoup de monde aux manifestations sportives. (...) ayant été témoin de l'infinie correction des Khmers à Phnom Penh. L'ambiance fut souvent excellente et le fair-play constant. (...) J'ai eu l'occasion de faire trois cents kilomètres dans la campagne cambodgienne. Dans tous les villages, il y a des terrains de foot-ball, des terrains de volley-ball sur lesquels il y a du monde. A Phnom Penh, on termine la nouvelle université qui est admirable en elle-même et où l'on trouve gymnase, terrains, piste d'athlétisme et piscine olympique. (...) La Chine a récolté deux cent huit médailles et ses suivants immédiats, la Corée du Nord et le Cambodge, la moitié, exactement cent quatre chacun. Mais compte-tenu de sa population relativement faible (six millions d'habitants), c'est le Cambodge qui a réussi "la" belle performance. (Aux GANEFO), les sportifs (khmers) ont battu un nombre impressionnant de records nationaux (douze en athlétisme, vingt et un en natation). (...) la population (cambodgienne) qui découvrait vraiment la haute compétition a été enthousiasmée de voir les siens parvenir à s'intercaler souvent entre les deux Chinois et les battre parfois. (...) Les GANEFO pour le Cambodge auront été une aide puissante à la propagande de l'idée sportive chère à leur souverain".
FERNAND PARREL, dans le Journal "LA CROIX", année 1966; extraits : "Phnom Penh (...). J'ai retrouvée une ville complètement métamorphosée. (...) Chose rare en Asie : l'absence de mendiants, dans une nation heureuse. En parcourant la ville, j'ai été stupéfait des progrès accomplis. Vastes artères d'une propreté méticuleuse (en Asie, la chose vaut d'être notée). Un véritable plan d'urbanisme a présidé à cette transformation de la Capitale khmère qui, désormais, s'inscrit parmi les cités les plus coquettes et les plus agréables d'Extrême-Orient. J'admirai au passage deux superbes ponts tout neufs de techniques différentes mais fort bienvenues. Et puis, le stade avec tout son ensemble sportif du plus bel effet. (...) L'intérieur du pays n'a pas été oublié".
RENÉ de BERVAL, Directeur de la Revue "FRANCE-ASIE". Article publié en 1967; extraits : "Phnom Penh est un joyau d'harmonie et de couleurs. (...) De l'aérodrome (de Pochentong) au centre de la ville, on suit une large route bordée de beaux arbres aux carrefours semés de fleurs; elle est encadrée d'imposants bâtiments qui sont successivement le Centre universitaire du Sangkum, l'Hôpital des bonzes, l'Institut de technologie, le Ministère des Finances, celui de la Défense nationale, la Faculté des Beaux-Arts et, enfin, la Présidence du Conseil. Le voyageur pressé pourrait penser que cette concentration de beaux édifices n'est qu'une façade et qu'elle n'a été faite que dans le but de frapper son imagination; il n'en est rien, car il lui faut peu de temps pour s'apercevoir que toute la Capitale reflète ce même souci d'équilibre et de beauté. Je me souviens du temps pas très lointain -quinze ans à peine- où Phnom Penh n'était qu'une honorable sous-préfecture, avec quelques beaux bâtiments certes, mais tous situés au centre de la ville et autour du Palais Royal. A peine sorti de ce périmètre restreint, on tombait de suite sur de pauvres demeures de paillote ou de planches, séparées par d'énormes fondrières que l'on franchissait sur des ponts branlants faits de lattes de bois ou de bambou.
... En quelques années seulement, tout a été comblé, nettoyé, élargi, rebâti; de larges avenues ont été ouvertes, bordées de jeunes arbres qui donneront une ombre fleurie (Note : on voit ici que ces larges avenues, ces arbres à fleurs étaient l'oeuvre du SRN et n'existaient pas avant la naissance du SRN. NSihanouk). Maintenant (Note : il faut souligner ce mot "MAINTENANT", car, avant le SRN, Phnom Penh n'était pas du tout "la perle" de l'Extrême Orient. NSihanouk), Phnom Penh est certainement la plus belle ville, la plus propre et la mieux équilibrée de tout l'Extrême-Orient.
Partout, ce ne sont que parterres fleuris, pagodes élégantes, maisons entourées de jolis jardins, bâtiments qui allient, dans une parfaite harmonie, la tradition khmère au style occidental moderne. La plupart sont dus à un grand architecte khmer, Mr Vann Molyvann, (Ministre du Gouvernement SRN. NSihanouk), à qui l'on doit également un magnifique stade olympique et un monument de l'Indépendance imposant qui ouvre la ville à ceux qui y entrent par la route. A Phnom Penh l'urbanisme n'est pas un vain mot. Mais il n'est pas que Phnom Penh pour être aussi parfaite. Toutes les villes du Cambodge, comme je le verrai, le sont également, que ce soit Siemreap aux abords d'Angkor Vatt, Kompong Cham à l'Est et Battambang à l'Ouest, ou ces petites cités de la côte, dont les noms sonnent comme dans une chanson des îles : Sihanoukville, Ream, Kampot, Kèp. Je les ai retrouvées, rivalisant de beauté et de grâce, villes plantées d'arbres et tapissées de gazon et de fleurs, qui respirent la joie luxuriante des tropiques. (...) A quelques douzaines de kilomètres, il y a la guerre, les bombardements, les hommes qui meurent (...). Ici, on ne parle que des Jeux des Nouvelles Forces Montantes (GANEFO). Heureux pays! (...). "GANEFO", Jeux des Forces Montantes, c'est une revanche que les Asiens prennent contre la discrimination du Comité des Jeux Olympiques, et donc plus généralement contre toute discrimination raciale quelle qu'elle soit. Ces Jeux seront ceux des Asiens, pour les Asiens, par les Asiens et le choix qui fut fait de Phnom Penh est significatif. Où mieux qu'au Cambodge, en effet, pays indépendant par excellence, de telles festivités auraient-elles pu avoir lieu ? D'où l'importance que chacun y attache, du Chef de l'Etat aux coolies (cyclo) pousses. (...) L'inauguration en est fixée au 25 Novembre, et ce sera un merveilleux spectacle, une réussite dépassant tout ce qu'on pouvait espérer. (...) La nouvelle doctrine de l'Etat est celle d'un socialisme bouddhique qui, seul, selon les paroles de son fondateur, "peut permettre à notre Pays de progresser dans la concorde, la paix, la justice et par conséquent le bonheur". Ce ne sont pas là de vains mots, car à parcourir ce pays comme je l'ai fait du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est, partout j'ai vu cette paix, cette concorde, et donc ce bonheur. Mais plus encore, j'y ai vu le dynamisme, et c'est ce qui m'a certainement le plus frappé. J'ai connu jadis le Cambodge souriant certes mais indolent. (...) En quelques années seulement, le Prince Sihanouk a réussi à redonner à son peuple une identité, une fierté qu'il avait depuis longtemps perdues. Ces mêmes gens que j'avais vus gentils, doux, accueillants je les ai retrouvés avec les mêmes qualités (...) mais en plus maintenant fiers et pleins d'idéal. Du haut en bas de l'échelle sociale, les hommes sont marqués de ces signes qui tranchent tant avec les peuples voisins : du ministre au gouverneur de province, et jusqu'au simple chef de village, tous possèdent en eux cette même notion du devoir, cette même profonde aspiration d'améliorer le présent pour préparer un meilleur avenir. Tout cet ensemble, qui fait du Cambodge un véritable jardin de fleurs et d'âmes, une symphonie où s'équilibrent l'harmonie des villes et la hauteur des coeurs, n'est pas dû au hasard, mais au Prince Sihanouk qui l'a conçu et réalisé. Lui seul, en effet, pouvait parvenir à une telle mobilisation, à une telle reprise en mains des esprits pour faire du Cambodge un Etat neuf et vivant, uni et dynamique, un Etat qui ne doive rien à personne et qui, à nouveau, puisse marcher, courageux et confiant, vers un avenir de lumière (...) Non seulement Norodom Sihanouk a littéralement ressuscité l'antique pays khmer en remettant son peuple sur le chemin de sa fière histoire, mais encore en peu d'années il a placé son pays à une hauteur jusqu'ici inconnue, parmi les grandes nations du monde. (...) A voir ce qui, depuis treize ans, a été réalisé est proprement stupéfiant quand l'on songe que pratiquement tout est dû au Prince lui-même. En politique intérieure, qui fut le premier problème auquel il s'attaqua, parce que le plus urgent et le plus important, il décida en fervent bouddhiste d'unir les divergences au lieu de les attaquer, il fut ainsi amené à créer le Sangkum Reastr Niyum, regroupement national de tous les Cambodgiens qui va de l'extrême droite à l'extrême gauche. (...) A l'heure actuelle, le Sangkum est à la tête de toute l'activité du pays, dont il maintient, constants, l'équilibre et le progrès. C'est justement ce progrès que j'ai pu voir partout. Dans chaque cité où je suis passé, j'ai vu régner la propreté et l'harmonie. Toutes possèdent au moins une école, une infirmerie, un centre social. (...) Dans les agglomérations plus importantes une grande université, un spacieux hôpital. Toutes ont également un centre du Sangkum, élégante construction où sont exposées toutes les réalisations de la région sous forme de grandes reproductions photographiques, de graphiques, de statistiques et de panneaux portant des chiffres sans cesse mis à jour : on peut y suivre l'évolution régulière tant de l'éducation que de l'aménagement du territoire. Entre deux voyages, j'ai visité le très beau musée du Sangkum de Phnom Penh, qui abrite la synthèse de tout ce qui a été fait et produit dans le Royaume. Ce glorieux édifice, dont la réalisation est également due à Mr Vann Molyvann, borde le large fleuve qui arrose la capitale. Parcourant ses vastes salles bien éclairées par d'immenses fenêtres, où dans des vitrines sont exposés des spécimens de toutes les productions, j'ai pu constater ce qui a été fait grâce au Prince et à ses fidèles ministres de 1953 (année de l'acquisition de l'Indépendance totale pour le Cambodge) à 1966. (...) les progrès accomplis par le Cambodge dans tous les domaines ont été prodigieux et l'on peut se demander s'il est un seul pays au monde qui ait accompli de tels progrès en aussi peu de temps. (...)"
PAUL GRIMES, dans le "PHILADELPHIA EVENING AND SUNDAY BULLETIN", 1968; extraits : "Phnom Penh, a city of 600 000 inhabitants, is essentially modern. In less than 15 years Prince Norodom Sihanouk, Head of State, has transformed this neglected rear-guard post of the French colonial era (Note : il faut souligner tout cela. NSihanouk) into a capital laid out with care and whose main highways bear the names of celebrated figures in Khmer history, of friendly foreign countries and of international personages such as Charles de Gaulle and Mao Tse Toung. Compared with other Asia capitals, Phnom Penh appears a peaceful and well ordered town, very friendly to American visitors. For many Westerners Sihanouk seems to be very changeable and to maintain dissensions between the two camps. But from the Cambodian point of view and for those Westerners who understand, he (Sihanouk) has always been firm and consistent. (...) His principal theme has been nationalism and he has never diverged from this. In order to strengthen and unify his 6,200,000 people he has built hundreds of hospitals and schools. In 13 years he has transformed Phnom Penh from a sleepy riverside town into a modern capital. His road construction programme has made possible the opening up of vast forests for exploitation and agriculture. (Note : A propos des cas de "corruption", argument favori des adversaires du SRN et ennemis de Norodom Sihanouk, Mr Paul Grimes a écrit, avec objectivité et équité, que ces cas existaient à un degré bien moindre que dans la grande majorité des autres pays d'Asie. Je cite Mr Paul Grimes :) "Everyone seems ready to admit that such abuses (those resulting from corruption) are probably more limited in Cambodia than in most of Asia".
Miss KATE WEBB, dans un câble de U.P.I., Phnom Penh, sous le règne de Lon Nol (République Khmère), a rappelé que c'était moi, Norodom Sihanouk, qui étais le bâtisseur de la grande et moderne Phnom Penh; je la cite : "Sihanouk painstakingly built himself Phnom Penh from a group of dusty villages and few French colonial offices".
YVES-GUY BERGÈS, dans la revue mensuelle "LECTURE POUR TOUS", Avril 1971; extraits : "Les Khmers ont-ils le droit de vivre libres, indépendants, heureux ? La réponse, hélas, est non. La paix, miraculeusement préservée par le roi Sihanouk jusqu'à l'année dernière (1970), est bien finie. (...) Le pays de la douceur de vivre sombre lentement et se décompose dans un conflit asiatique interminable. (...) Siemreap, (...) c'était une ville agréable avec ses pavillons enfouis dans les massifs d'hibiscus et de bougainvillées, ses larges avenues et ses jardins ... (...) La ville est (aujourd'hui, en Avril 1971) exsangue. (...) Beaucoup de paysans khmers (...) sont allés se réfugier dans la zone des temples contrôlée par les Rouges".
ALLAN DAWSON, U.P.I., Phnom Penh, 3 Mars 1971; extrait : "Kompong Som, the town built by former Chief of State Prince Norodom Sihanouk ...".
Revue EUROPE-FRANCE-OUTREMER NUMÉRO 465. Octobre 1968.
STATISTIQUES montrant les progrès réalisés dans l'édification nationale sous le SANGKUM REASTR NIYUM :

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MISE AU POINT (D)
Phnom Penh, Vendredi 28 Septembre 2001
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Dans ce livre, on n'a pas manqué, bien entendu, de consacrer des lignes au Putsch des Lonnoliens-Républicains en date du 18 Mars 1970 et aux problèmes (dramatiques et tragiques) existant, dans les décennies 1950-1960-1970, entre les U.S.A. et le "Cambodge de Sihanouk".
Eu égard à ces "problèmes", on prend, naturellement, partie pour les Américains contre moi, en déformant au besoin des faits historiques parfaitement établis.
Mais à cet égard aussi, je tiens à m'abstenir d'en dire plus, et cela par respect pour les USA eux-mêmes qui ont tenu à entretenir avec nous, Cambodgiens et Cambodgiennes, et cela depuis plusieurs années déjà, des relations amicales très chaleureuses et par respect pour la mémoire des innocentes victimes des terroristes dans la tragédie du 11 Septembre 2001 à New York et à Washington DC.
Je consacre donc les lignes suivantes à une autre matière importante : mes relations, dans les années 1950 et 1960, avec le "Vietcong" et les "Nord-Vietnamiens".
On va jusqu'à "expliquer" ma "chute" en date du 18 Mars 1970 par "ma fausse neutralité" (anti-US et pro-Chine Populaire, pro-Vietcong, pro-RDV) et mon régime "socialiste" de nationalisation économique.
En ce qui concerne les "méfaits" de mon "Socialisme", j'ai présenté, dans ma Mise au Point "C", assez de témoignages éloquents de journalistes occidentaux non-gauchistes qui présentaient en toute équité et objectivité la vraie situation du Pays et du Peuple Khmers, situation tout à fait contraire à ce qu'affirme le livre en question. Je dois ajouter que le Cambodge du SRN donnait beaucoup de prestige et de dignité à notre nation, notre race, notre peuple : nous comptions sur nous-mêmes pour développer notre Pays dans tous les domaines de notre édification nationale, nous ne demandions pas à l'Etranger de nous accorder des prêts et des dons, nous n'étions pas un Etat-mendiant ou un Peuple-mendiant, nous étions victorieux dans la sauvegarde de notre indépendance totale et de notre intégrité territoriale, notre Chef d'Etat était le compagnon et l'égal des grands Leaders tels que Sukarno, Nasser, Nehru, l'opinion internationale donnait à notre Cambodge l'appellation d' "oasis de paix".
En ce qui concerne mes relations, dans les décennies 1950-1960, avec "les Pays communistes", en particulier la R.P. de Chine, la R.D. du Vietnam et le FNL du Sud-Vietnam, je dois faire la Mise au point suivante :
Pour ce qui concerne la R.P. de Chine, mon seul "tort" consiste à avoir noué, au nom du Cambodge, des relations très amicales (et méritées) avec Elle, L'avoir reconnue de jure dès 1955 et avoir défendu depuis lors sa juste cause et ses droits légitimes à l'ONU, c'est-à-dire 17 ans avant les U.S.A. . Mais les U.S.A. eux-mêmes, en 1972, sous la Présidence de Mr Richard Nixon, ont fait exactement la même chose que moi en 1955. Mon tort était donc d'avoir raison trop tôt.
Il en est de même des relations amicales et diplomatiques entre le Vietnam communiste et le Cambodge d'une part, et ce même Vietnam et les USA d'autre part, avec ce détail-ci : les USA ont noué des relations amicales et diplomatiques avec "Hanoï" beaucoup plus tard qu'avec "Beijing".
Venons-en maintenant à ma soi-disant permission accordée aux Vietcong et Nord-Vietnamiens d' "utiliser à leur guise une grande partie du territoire du Cambodge", dans les années 1960 en particulier, ainsi qu'aux "Pactes d'alliance" que j'aurais signés avec le Premier Ministre Chou-En-Laï (Chine) d'une part et avec le Président Ho Chi Minh (Vietnam) d'autre part.
Le Cambodge du SRN, étant un Etat non-aligné et neutre, ne pouvait signer un "pacte d'alliance" avec qui que ce soit.
Avec la R.P. de Chine, sa meilleure amie, le Cambodge du SRN a signé un simple traité d'amitié, sans aucune alliance militaire ou autre.
Avec le Vietnam de Ho Chi Minh il n'y eut aucun "pacte" ou traité d'amitié. Par ailleurs, le Président Ho Chi Minh et moi ne nous étions pas rencontrés. Mais, à sa mort, j'ai salué sa dépouille mortelle à Hanoï.
Quant à ma soi-disant "permission" accordée aux Vietcong et Nord-Vietnamiens d'utiliser une partie du territoire cambodgien (pour les "besoins" de leur guerre de libération nationale), elle n'existe que dans les affirmations mensongères de mes ennemis.
A cet égard, je me permets de "prendre comme avocats" deux personnalités du "Monde Libre" éprises de Justice :
a/- CANBERRA, 5 mai 1970. Parliamentary debates. Déclaration de l'Honorable Mr. BARNARD, Deputy Leader of the Opposition of the House of Representatives, Australia. Extraits : "There has been much talk of the use of Cambodia as a sanctuary for North Vietnamese and Vietcong troops. For the past 16 years Cambodia has been a sanctuary in another sense. Quite remarkably it preserved its neutrality and kept Indo-China's war beyond its borders. During this period Cambodia was a sanctuary from the anguish and suffering of Vietnam. It was an emblem of what could be achieved in Indo-China. President Sihanouk was able to contain a communist presence in his nation while working to remove it by diplomatic means. At the same time he was able to assure a reasonable prosperity and a gradual progress for his nation. (...) The Vietcong and the North Vietnamese were contained on the frontier ...".
b/- FEUILLE D'AVIS DE LAUSANNE, Mardi 15 décembre 1970. Bertil GALLAND: "... Je n'ai pas seulement été attristé de l'éloignement de Sihanouk. A travers sa personne, je savais que le peuple khmer tout entier était bafoué et menacé de mort. (...) Qu'a-t-on vu avant et après le 18 Mars 1970 ? Jusqu'à sa chute, Sihanouk a fait régner la paix dans son pays, au milieu d'une Indochine ravagée. Si le premier bien est l'indépendance de la patrie, ce bien-là, malgré toutes les pressions et les manoeuvres, fut farouchement préservé. L'histoire rendra justice au prince. (...) Le pays, objectera-t-on, était "infesté par le Viet-cong". Je répondrai qu'il était possible, sous Sihanouk, de se rendre en n'importe quelle région du pays.
En 1967, j'ai délibérément poussé l'enquête jusqu'à parcourir à pied les régions "contrôlées par le Viet-cong" - le "bec de canard" dans le sud; la province de Ratanakiri dans le nord, à la frontière des hauts plateaux vietnamiens. L'oeil de Hanoï était peut-être caché dans les bambous. Comment savoir ? Mais le fait, c'est que j'ai pu m'y rendre et m'y déplacer librement. Et je vis encore. Aujourd'hui ? Plus besoin d'aller si loin pour se faire trouer la peau : on ne sort plus de Phnom Penh ! On a fait grand cas des transports militaires du Viet-cong à travers le Cambodge, du temps de Sihanouk. Belle neutralité, disaient des commentateurs (..) à la mémoire courte. Je les invite à interroger les moellons du tunnel du Gothard et les forêts de Suède pour savoir quel type de matériel et quelles troupes dans le cas de la Suède circulèrent en transit chez ces neutres irréprochables entre 1939 et 1945 ! Nous avons toléré ça et nous avons sauvé à ce prix notre indépendance. Pour beaucoup moins on recusa la neutralité de Sihanouk. (...) Comment faut-il nommer l'homme qui, provoquant la chute de Sihanouk, a châtré l'Etat de sa souveraineté, ouvrant le pays à tout venant ? Il existait, au Cambodge, un réseau de communications, une nouvelle voie ferrée qui reliait la capitale à la mer, une industrie naissante. Les biens circulaient. Les usines, avec tous les à-coups des Etats industriels naissants, tournaient. Aujourd'hui ? On ne circule plus. Rien ne tourne plus. (..) Lon Nol a installé chez les Khmers la grande pagaille vietnamienne, dominée par des soldats excités, d'autant plus rapides de la gâchette qu'ils ne sont pas chez eux, et armés jusqu'aux dents par les (..) qui ont décidé, vu la démoralisation de leurs propres troupes, d'encourager plus que jamais les Asiatiques à se tuer entre eux. Tel est "le temps de la lucidité"! Si un seul paysan cambodgien était atteint par un obus lâché par-dessus la frontière vietnamienne, Sihanouk protestait en poussant des cris stridents (..). Quelle humanité dans ces cris, comparés au silence dont on entoure les lâchers de bombes actuels, au hasard, selon les lunes des pilotes de Thieu ou de (..). Il n'est plus de ferme, dans les rizières du Cambodge, il n'est pas de monument historique qui soit à l'abri des seigneurs de la guerre. (...) le sacrifice brutal d'une nation jusque-là épargnée ...".
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Puisqu'on a parlé des Vietnamiens, je dois signaler que dans le livre en question on prétend injustement que mon Epouse, la Reine Norodom Monineath Sihanouk, a du sang vietnamien dans les veines, sachant que parmi mes compatriotes il y en a qui sont Vietnamophobes.
La famille de Samdech Norodom Sutharot (mon Grand-Père paternel) et celle de Madame Pomme Peang, la mère de Monique (aujourd'hui Reine Monineath) ont toujours été très liées parce que la famille de Madame Pomme Peang avait toujours été une fervente royaliste attachée en particulier au Prince Norodom Sutharot, très digne Fils du Roi NORODOM.
Madame Pomme Peang était loin d'être stérile : elle eut en tout 7 enfants dont 5 de son premier mari (un riche bourgeois khmer) et 2 de son second mari (Mr Jean-François IZZI) : Nanette et Monique.
Madame Pomme Peang n'avait aucun besoin d'adopter une petite Vietnamienne ou Franco-Vietnamienne pour "compléter" une famille déjà nombreuse et parfaitement heureuse.
Et moi-même, je connaissais Nanette (morte avec le Prince Sisowath Methavi, son mari, tués tous deux par les Khmers Rouges, en 1978) et Monique depuis qu'elles étaient bébés.
Contrairement à ce qu'on prétend, je n'ai pas "découvert la belle Monique" au début des années 1950.
La connaissant depuis qu'elle était bébé, je peux certifier qu'elle n'avait dans ses veines aucune goutte de sang vietnamien. Ceci soit dit sans aucune arrière-pensée "raciste".
En ce qui concernait Monsieur Jean-François IZZI, il était l'un des amis et "supporters" de mon Père (le Prince Norodom Suramarit). Il venait souvent chez mes parents pour les saluer et m'apporter des livres illustrés.
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MISE AU POINT (E)
Phnom Penh, Samedi 29 Septembre 2001
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Il n'est pas vrai que, après la victoire (au Cambodge) des Khmers Rouges, le 17 Avril 1975, j'"espérais" et "voulais" rester Chef de l'Etat cambodgien et que, "contrairement à mes voeux" les Khmers Rouges m'ont "déposé et fait prisonnier".
La stricte Vérité historique est la suivante :
a/- Conscient des malheurs de mon peuple (sans avoir vu pour autant les "killing fields"), j'ai écrit, en Février 1976 une lettre et en Mars 1976 une autre lettre à l'Angkar (Leadership) khmer rouge lui demandant de me permettre de "prendre ma retraite" (sic), c'est-à-dire de quitter définitivement mes fonctions et mon poste de "Chef d'Etat du Kampuchea Démocratique". J'invoquais comme raison ma "mauvaise santé".
Les Khmers Rouges ont alors envoyé auprès de moi, par deux fois, une Délégation spéciale composée de S.E. Samdech Penn Nouth, S.E. Khieu Samphan, S.E. Ieng Sary et Lok Chumtiev (Ieng Thirith), S.A. le Prince Norodom Phurissara, S.E. Son Sen et S.E. Hu Nim pour me demander de ne pas démissionner.
Dans une audience spéciale (au Palais Khémarin), S.E. Son Sen tint même à me donner l'assurance que le Kampuchea Démocratique, son "Angkar" et son Armée me respecteraient toujours et me protégeraient toujours (sic) si j'acceptais de rester "Chef d'Etat du K.D.".
Quant à ma "mauvaise santé", l'Angkar (khmer rouge) a envoyé auprès de moi (toujours au Khémarin) son meilleur médecin, le Docteur Thiounn Thieunn, pour me donner des conseils d'ordre médical (sans chercher à me soumettre à un check-up en règle).
Au début du mois d'Avril 1976, l'Angkar khmer rouge finit par accepter officiellement ma démission (volontaire) de mes fonctions de Chef de l'Etat K.D. .
Depuis lors, toute la machine de propagande khmère rouge ne cessa plus de couvrir ma personne, la monarchie cambodgienne et le défunt SRN d'injures, de calomnies grossières et d'opprobre.
Pire que cela encore : l'envoi à la mort, dans d'atroces conditions, de mes proches les plus chers, en particulier le Prince Méthavi et son Epouse Nanette (soeur de ma femme Monique), (mon cousin) le Prince Norodom Phurissara et son Epouse, mes enfants Khémanourak, Sorya Roeungsy, son mari (communiste) et leurs enfants, Botum Bopha, son second mari (le Capitaine So Photra, qui, avec son avion, avait bombardé le Palais de Lon Nol en 1973), son premier mari (le Prince Sisowath Doussady, un fervent Sihanoukiste, à qui le livre en question attribue (à tort) le bombardement du Palais de Lon Nol) et leurs enfants.
Avant ma démission et au lendemain de leur victoire en date du 17 Avril 1975, les Khmers Rouges avaient tué, dans d'atroces conditions, ma fille Sujata "Sirik-Matakienne" et mon fils Naradipo qui avait osé critiquer le nouveau régime.
Si mes fils Sihamoni et Narindrapong échappèrent à la mort, c'était grâce au Président Mao Tse-tung de la R.P. de Chine qui, en Septembre 1975 et en ma présence, avait dit à Mr Khieu Samphan et à Mme Ieng Sary (Thirith) (ces deux personnalités khmères rouges s'étaient rendues à Pékin pour m'inviter officiellement, au nom de l'Angkar et du Peuple (sic) du K.D., à rentrer au Pays) : "Veuillez prendre soin de Samdech Sihanouk, de son Epouse (la Princesse Monique) et de leurs 2 enfants (Sihamoni et Narindrapong). Ne touchez jamais à eux !".
b/- C'est odieux et méprisable de m'accuser d'oublier, même devenu moi-même un prisonnier des Khmers Rouges, le sort tragique de mon peuple. Mon respecté et bien-aimé Peuple, je ne l'ai oublié à aucun moment. Si je suis rentré au Cambodge en acceptant "l'invitation" de l'Angkar khmer rouge, c'était uniquement pour vivre et partager heurs et malheurs avec le Peuple de ma Patrie, le Cambodge.
Dans certains messages que j'adressais, c/o Radio Pékin, au Peuple cambodgien dans les années 1970 à 1975, j'avais pris soin de préciser que ma lutte à la tête du FUNC-GRUNC n'avait pour seul but que celui de la libération totale de notre Patrie et son retour à l'Indépendance totale, l'unité nationale et l'intégrité territoriale. Je précisais aussi qu'après cette libération totale je ne chercherais jamais à reprendre le Pouvoir d'Etat.
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MISE AU POINT (F)
Phnom Penh, Dimanche 30 Septembre 2001
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Dans le livre en question, on prétend, avec beaucoup d'injustice à mon égard, que, dans la dernière partie des années 1940, je "m'étais opposé fermement aux efforts déployés par les Princes Montana, Norindeth en faveur de l'indépendance".
De quelle "indépendance" s'agissait-il ? S'il s'agissait de l'indépendance nationale du Cambodge, je peux affirmer que, d'une part, ces Princes chefs de Partis politiques (y compris le fameux Prince Youtevong du Parti Démocrate) ne montraient aucun signe de volonté et encore moins d'action pour l'indépendance du Pays et, d'autre part, même "francophile" et encore très jeune, je ne pouvais pas négliger mon devoir de Roi des Cambodgiens et Cambodgiennes, devoir qui consistait à recouvrer pour notre Patrie et notre Nation l'Indépendance perdue.
Notre Indépendance nationale, je l'avais proclamée au lendemain de la défaite des Français au Cambodge, face à l'Armée japonaise, en 1945.
Mais en 1946, les Français sont revenus en Indochine ... en vainqueurs.
Tout était à recommencer pour ce qui concernait notre reconquête de l'Indépendance nationale.
A ce sujet, on croit que je n'avais rien fait, avant la "Croisade Royale" de 1952-1953. Cela est tout à fait contraire à la Vérité. Entre 1946 et 1952, je n'étais pas resté "inactif". En vérité, je ne cessais pas d'agir auprès de la France pour L'amener à faire toujours avancer le Cambodge dans la voie vers l'Indépendance totale.
Sans parler du retour à la Mère-Patrie des territoires perdus au profit de la Thailande en 1941 (Battambang et une partie de Siemreap, Kompong Thom, Stung Trèng ...), j'obtins de la France, par le Traité de 1949, l'abrogation des Traités de Protectorat de 1863 et 1884 et la reconnaissance de jure par la France de l'Indépendance du Royaume du Cambodge.
En 1949, la plupart des attributs de notre souveraineté nous furent rendus par les Français et les provinces de Siemreap et Kompong Thom devinrent "indépendants à 100%", y compris l'établissement du Commandement militaire du Roi et le départ des militaires français, arabes, africains.
En 1952, la Province de Battambang devint à son tour indépendant à 100%. Puis fut déclenchée la "Croisade Royale" avec les résultats qu'on sait.
Dans toutes ces étapes de notre marche constante vers l'Indépendance totale (1946-1949-1952-1953), j'étais chaleureusement soutenu par notre Peuple mais les "fameux" Princes louangés dans le livre en question ne jouèrent aucun rôle.
TEMOIGNAGE
Monsieur JACQUES LAURENT, dans la revue "PARIS-MATCH", Mars 1970. Extraits : "... Sihanouk aime interrompre un voyage pour aider un paysan à conduire un tracteur(*) ou à construire une maison. (...) chaque semaine un hélicoptère le déposait dans une région de son pays. (...) Il obtint l'Indépendance en 1953. (...) Le Cambodge a réussi à conserver la paix. (...) Parfois on entendait un roulement qui ressemblait à celui d'un orage. C'était parce que ce soir-là le vent portait la haute voix du canon vietnamien. Elle n'en faisait que plus savourer la douceur de vivre cambodgienne. Cette paix, il est indéniable qu'elle était l'oeuvre de Sihanouk. (...) ... au départ des Japonais (en 1945), il faillit être lynché dans son palais par une bande de partisans (pro-Japon) qui l'accusaient d'avoir vendu son pays. "A qui l'aurais-je vendu ? demanda-t-il en riant. Aux Japonais ? Ils n'avaient pas besoin de l'acheter. Ils l'avaient. Aux Français ? Ils étaient en prison". (...) Sihanouk se garde de s'engager dans la guerre qui, presque sans interruption, allait désoler le Vietnam pendant vingt-six ans. Il se servit des Français pour récupérer les trois provinces dont la Thailande (ex-Siam), alliée des Japonais, s'était emparé. Puis il s'attacha pacifiquement à arracher son indépendance à Paris."

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MISE AU POINT (G)
Phnom Penh, Lundi 1er Octobre 2001
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I/- L'"affaire" de SAMLAUT. Dans le livre en question, Mr Harish C Mehta écrit : "... a brutal crackdown on the farmers. Sihanouk's own estimate of the dead peasants varied from ten thousand to less than one hundred. What really happened ? Was Sihanouk to blame?"
Je ne pouvais pas exprimer moi-même une "estimation" du nombre des "paysans morts", car, à cette époque-là, le Gouvernement Royal, l'Armée Royale et l'Administration locale (Battambang) ne m'avaient pas, dans leurs rapports, parlé d'une révolte de paysans mais d'une confrontation armée entre Armée-Administration royales khmères et Communistes vietnamiens et khmers-rouges.
Plus tard, sous son règne (1975-1978), Mr Pol Pot en personne n'a pas manqué, dans certains de ses plus "importants" discours (radiodiffusés - et j'écoutais tous ces discours), d'affirmer spontanément que l'"affaire" de Samlaut était une attaque très musclée et victorieuse (sic), menée par les "révolutionnaires du Parti communiste Kampuchea Démocratique" -sic- contre les "féodaux-réactionnaires du Sangkum chas" -sic- ("chas" veut dire "vieux, ancien") "oppresseurs du peuple" -sic!-.
Je souligne donc le fait que Mr Pol Pot lui-même a affirmé officiellement - quand il détenait le Pouvoir d'Etat au Cambodge (1975-1978) - que (ce n'était pas une oppression des paysans par des gens de l'Etat royal khmer-SRN mais) c'était une "frappe" armée très vigoureuse (des Khmers Rouges) "punissant l'ennemi royaliste".
Pour ce qui me concerne, je ne pouvais, en aucune façon, opprimer ou maltraiter les paysans ou "farmers"-agriculteurs, car notre Peuple et eux et elles en particulier étaient mes plus fidèles et sûrs "supporters".
II/- Dans le livre en question, on dit aussi que, dans les dernières années de la décennie 1970, j'étais de plus en plus "critiqué" et me trouvais de plus en plus "isolé", surtout à cause de mon "mauvais entourage".
Dans une Mise au Point antérieure, j'ai présenté des témoignages de grands journalistes occidentaux (non-gauchistes) qui montrent que, même dans les années 1980, mes compatriotes intellectuellement honnêtes considèrent les années du SRN, y compris les dernières années de la décennie 1960, comme étant la "Belle Epoque" et même "the Golden Age" et que le Peuple Cambodgien était heureux et prospère.
En ce qui concerne mon entourage, il était très restreint et n'avait aucun rôle ni une influence quelconque dans les affaires d'Etat dont je m'occupais ou dans mon travail au service du Pays, de la Nation et du Peuple cambodgiens.
J'étais sûrement "critiqué" par les futurs "Putschistes" du 18 Mars 1970 mais pas par l'authentique Peuple khmer. Ce respectable Peuple épris de Justice me soutenait jusqu'au bout. Au lendemain du Putsch du 18 Mars 1970, un grand nombre de mes bien-aimés compatriotes du (vrai) Peuple khmer ont même, héroïquement, fait le sacrifice de leurs (précieuses) vies pour réclamer Justice en ma faveur. En voici une petite partie des nombreux témoignages des journalistes et agences de presse de l'Occident (Monde Libre non-gauchiste) :

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MISE AU POINT (H)
Phnom Penh, Mardi 2 Octobre 2001
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Avant-Propos : J'écris ces "Mises au Point" successives (a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, etc...) non pas pour "me disputer avec" Samdech Norodom Ranariddh et Mr Harish C. Mehta, mais pour mes Compatriotes (jeunes et vieux) et les Etrangers épris de Justice, d'Objectivité et de Vérité, ainsi que pour le Jugement équitable de l'Histoire.
I/- Mes "WAR GAMES".
En 1946, j'ai fait un stage d'études militaires à l'Ecole d'Application de l'Arme Blindée et de la Cavalerie de Saumur (France) et, en 1948, j'ai effectué un second stage à la même "Ecole" (mondialement célèbre). En tant que Roi-Commandant Suprême de l'ARK (Armée Royale Khmère), je me devais de m'instruire dans le domaine militaire, en plus d'autres domaines (par exemple, à Phnom Penh, Mr Gaston Barrault était mon "Professeur" en matières diplomatique et administrative, S.E. Son Sann, mon "Professeur" en matière de Finances et Economie).
Au sein de mon "Ecole" à Saumur, il y avait une grande salle d'études de Tactique où nos Instructeurs dispensaient leur enseignement en utilisant des maquettes-modèles réduits de théâtre d'opération guerrière, de "canons", "tanks", fantassins, etc... Bien entendu (à Saumur et en Bretagne) j'eus l'honneur de participer à des manoeuvres militaires sur des terrains et avec des matériels "grandeur nature".
Au Palais Royal, en 1946-1947 et 1948, je me suis inspiré de l'enseignement de Tactique sur maquettes (avec des modèles réduits) au sein de mon "Ecole" à Saumur pour organiser des "war games". A cette époque-là, les Français (et non pas le Roi khmer) avaient le commandement effectif de l'ARK. Mais en 1949, je devins le Commandant effectif de l'ARK dans 2 provinces devenues indépendantes à 100%: Siemreap-Angkor et Kompong Thom. En 1952, la Province de Battambang revint également à 100% au Roi Sihanouk et j'y pris le Commandement effectif de l'ARK. Enfin, à partir du 9 Novembre 1953, je pris le Commandement effectif de toute l'Armée du Cambodge, dans toutes ses provinces.
En 1949, je dirigeai une opération "grandeur nature" dans la province de Siemreap (opération baptisée "Fidélité"). En 1954, je dirigeai l'opération "Samakki" en la province de Battambang et une autre opération dans la province de Kratié.
Après l'acquisition de l'Indépendance totale (9 Novembre 1953) pour mon Pays, je créai la MRK (Marine Royale Khmère) et l'AVRK (Aviation Royale Khmère) qui s'ajoutèrent à l'ARK ... pour devenir, ensemble, les FARK (Forces Armées Royales Khmères).
Les personnes éprises de justice peuvent voir, à la lumière de mon "Exposé" -étayé de faits historiques indéniables-, que non seulement mes stages à Saumur mais également mes "war games" m'avaient préparé à la prise du Commandement effectif de mon Armée dans tout le Royaume et à la défense et la sauvegarde de l'Indépendance et de l'intégrité territoriale de ma Patrie.
Dans le livre en question, on a voulu me rendre ridicule et même méprisable avec cette "histoire de war games".
Ceci dit, je dois ajouter un détail : à ces "war games", je n'ai pas gardé mes ministres jusqu'à 4 heures du matin. Ces "war games" (auxquels ne participaient que quelques "intimes" et non pas le Gouvernement) n'allaient pas au delà de minuit.
II/- Dans le livre en question, en page 46, on peut lire, entre autres, ces lignes : "When he lost power, he (Sihanouk) was supported financially by both powers (China and North Korea) (...). It was, of course, politically incorrect for a Cambodian king such as Sihanouk to accept personal financial support from foreign countries".
Jusqu'à la veille de mon accession au poste de Président de la Coalition de la Résistance "CGDK" en 1982, je ne recevais aucune aide financière de qui que ce fût. Entre le 19 Mars 1970 (le 18 Mars 1970, j'étais encore logé, nourri et transporté en automobile, puis en avion par l'URSS) et 1982, les membres de ma famille et les autres compatriotes qui se trouvaient avec moi, à Pékin, et moi-même ne survivions que grâce à la RPC. Je n'avais pas de fortune. J'acceptai donc d'être nourri et logé par la RPC (et quand je devais me rendre en Corée, par la RPDC), mais je n'acceptais aucun salaire, aucun "budget personnel", aucune "cassette" de la part de la RPC ou de la RPDC. La RPC et (dans une moindre mesure) la RPDC donnaient toutes leurs aides financières, militaires et autres aux "GRUNC-FUNK", représentés et dirigés, à Pékin, par Samdech Penn Nouth et Mr Ieng Sary, en réalité aux seuls Khmers Rouges. Je ne connaissais ni les "détails matériels" de ces aides multiformes ni le montant des aides financières en question.
Les combattants et autres Résistants Sihanoukistes au Cambodge, ceux qui échappaient encore à la mort infligée par les Khmers Rouges, ne recevaient rien de la RPC ou de la RPDC.
Ce n'était qu'à partir de 1982 que, comme les autres Leaders de la Résistance cambodgienne (ceux du KPNLF de S.E. Son Sann, ceux du FUNCINPEC-ANS de S.A.R. Norodom Ranariddh, ceux du KD de S.E. Khieu Samphan), je reçus de "grands" supporters et sponsors du CGDK une aide financière me permettant de faire face à mes obligations (diplomatiques et autres) à l'ONU, etc... . Mes dépenses furent en totalité et en détails (jusqu'au moindre dollar) l'objet de justifications écrites que je présentai chaque année aux "donors": RPC et RPDC en ce qui me concernait. (Vis-à-vis du Gouvernement, du Parlement, de la Banque Nationale du 2ème Royaume du Cambodge, je leur présente régulièrement, chaque mois de chaque année, les justifications détaillées de mes dépenses).
Chaque année, la Thailande me remettait, de la part de certains pays supporters (non nommés) du CGDK, 50 000 (cinquante mille U.S.$). Dès réception de ces 50 000 US$ "annuels", je m'empressais toujours de les remettre en totalité et d'un seul bloc à l'Armée commandée par S.A.R. Ranariddh, dans son camp à la frontière khméro-thaie, et cela contre un "Reçu" écrit (et signé) en bonne et due forme. Ce "Reçu" (annuel) fut remis sans délai à une personnalité qualifiée de "Bangkok", c'est-à-dire de Thailande.
III/- Dans le livre en question, en page 5, on peut lire, entre autres, ces lignes : "The Royal Palace took care of the financial needs of all the king's wives, concubines and their children, imposing quite a burden on the royal exchequer".
Ceci est un pur mensonge. Mes "wives, concubines and their children" n'ont absolument rien reçu du Budget d'Etat ou du Palais Royal, sauf des bourses d'études pour certains enfants envoyés faire leurs études à l'Etranger. A cet égard, le Palais Royal accordait également, chaque année, des bourses d'études à des étudiants non-membres de la Famille Royale. C'était ma seule "cassette personnelle" de Roi et, ensuite, mon salaire de Chef de l'Etat qui faisaient vivre mes compagnes et leurs enfants, à l'exception des enfants adoptés par ma Mère et ma Tante soeur de mon Père.
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MISE AU POINT (I)
Phnom Penh, Mercredi 3 Octobre 2001
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I/- "THAP". Dans le livre en question, on se demande pourquoi j'ai donné à mon Fils, le Prince Ranariddh, le "nickname" (nom diminutif) "Thap". Que veut dire "Thap"?
Selon une coutume de chez nous, Khmers, l'enfant, à sa naissance ou quelque temps après, reçoit, en plus de son prénom "légal", un "diminutif" en marque d'affection particulière de la part de ses parents ... ou ses grands-parents. C'est ainsi qu'à Sihanouk-enfant mon grand-père maternel, le Roi Monivong, me donna le "nickname" de "Thol" et mon grand-père paternel, le Prince Sutharot me donna le "nickname" de "Map". Par affection pour mon bébé Ranariddh, je lui ai donné, dès sa naissance, le prénom-diminutif "THAP": "TH" vient de "THOL" et "AP""vient de "MAP". "RANARIDDH" est l'un des deux noms officiels du Prince Sutharot.
II/- Dans le livre en question, on écrit : Page 53 : "... the Khmer Rouge marched into the capital on April 17. (..) A vacuum existed as Sihanouk refused to return (..). Khieu Samphan exhorted Sihanouk to come back as the head of state, in a speech broadcast over Radio Phnom Penh on April 27".
Page 54 : "... My decision to return to Cambodia does not express the fact that I agree with the cruel policy of the Red Khmers, but I must sacrifice myself for the honour of China and H.E. (premier) Zhou Enlai who helped so much Cambodia and myself".
Page 55 : "... it was equally true that Sihanouk's decision to return was imposed by the Chinese who wanted him to rebuild bridges with the regime in Phnom Penh".
A cet égard, la Vérité est la suivante :
a/- Durant notre guerre de Résistance et Libération Nationale (1970-1975), je ne cessais d'exprimer au Leadership de la "Résistance Intérieure" mon profond désir de rentrer au Cambodge pour y vivre avec mes compatriotes (en zones libérées). Les Khmers Rouges se sont opposés à ce retour mais, finalement, m'ont permis, en 1973, de visiter une partie des provinces de Stung Trèng, Preah Vihear et Siemreap-Angkor, quitte à retourner à Pékin après cette visite de quelques semaines.
b/- Il n'est pas vrai qu'avec la victoire des Khmers Rouges, à Phnom Penh, le 17 Avril 1975, j'ai refusé de rentrer au Cambodge et que Mr Khieu Samphan, "dans un speech radiodiffusé par Radio-Phnom Penh, le 27 Avril 1975, m'invitait à rentrer au Pays".
La Vérité est que, en dépit de mes demandes répétées de rentrer au Pays, les Khmers Rouges ont toujours refusé de me donner satisfaction.
c/- Si, finalement, je pus retourner au Cambodge (en Septembre 1975) c'était grâce aux démarches entreprises, sur ma demande, par S.E. Chou En-lai (RPC) et par S.E. le Président Kim Il Sung (RPDC), auprès du Leadership khmer rouge. Il n'est pas vrai que j'ai dit : "Je dois me sacrifier pour l'honneur de la Chine et de S.E. Zhou Enlai qui ont tant aidé le Cambodge et moi-même".
A aucun moment je n'ai parlé de "me sacrifier" pour quelque Pays étranger (ou personne étrangère) que ce fût (ou soit). J'ai été toujours, je reste et resterai toujours fidèle à ma Patrie et à son Peuple. J'étais très reconnaissant à la Chine d'avoir aidé le Cambodge et les Cambodgiens et Cambodgiennes luttant pour la libération nationale. Mais je n'ai jamais fait "le sacrifice de ma personne pour l'honneur de la Chine". J'ai seulement demandé à la Chine de m'aider à obtenir des Khmers Rouges la permission de retourner en ma Patrie, non pas pour être Chef d'Etat, mais uniquement pour partager avec le Peuple cambodgien heurs et malheurs.
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MISE AU POINT (J)
Phnom Penh, Jeudi 4 Octobre 2001
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I/- A la date du 4 Octobre 2001, ma lecture du livre en question m'amène jusqu'à la page 110. Ce livre comporte plus de 220 pages. Et comme chacun des chapitres déjà lus par moi comporte tant de déformations de la Vérité, d'attaques et accusations imméritées contre moi, de malveillance, d'injustices, de mépris et de méchancetés à mon égard, il m'est désormais très difficile de choisir les "questions" auxquelles il me faut répondre en priorité. J'ai l'embarras du choix.
Dans ce livre, on n'hésite pas à parler, plusieurs fois, de trahison. Je ne suis, ni plus ni moins, qu'un "traître". J'aurais trahi mon fils en toutes circonstances. J'aurais également -chose plus grave encore- trahi mon pays et mon peuple.
Etre un traître est le pire des péchés qu'un homme puisse commettre dans sa vie.
Traiter quelqu'un de "traître" est la pire des insultes et humiliations qu'on puisse lui infliger.
II/- Quand certains pays étrangers lançaient contre le Cambodge indépendant et neutre des KS ("Khmers Serei") à leur solde, entraînés par eux, basés chez eux, pour saboter notre indépendance, notre paix et remettre en cause notre intégrité territoriale, et quand, à partir du 18 Mars 1969 (soit un an exactement, jour pour jour, avant le Putsch des Lonnoliens), une puissante aviation étrangère s'attaquait à nos écoles et à nos casernes (à Dak Dam, etc...), et à nos plantations et nos champs (dans Kompong Cham, etc...), et quand les troupes de certains pays non-communistes faisaient maintes incursions meurtrières, dans les années 1960, dans la province de Kratié, celle de Svay Rieng (bec-de-canard, etc...), on prend garde de les dénoncer et on m'accuse de pratiquer, dans ces années 60, une fausse neutralité "servant les intérêts de la RPC, la RDV et le Vietcong"! On m'accuse d'avoir signé un pacte d'alliance (sic!) avec le Vietnam communiste. C'est là un pur mensonge. On m'accuse d'avoir violé la neutralité de mon Pays et amené une grande catastrophe (sic!) au Cambodge. Et on prend soin de "cacher" les véritables responsables de cette catastrophe.
Lon Nol, Sirik Matak et Cie, après leur Putsch du 18 Mars 1970, ont dit aux Américains : "Quand Sihanouk exerçait le pouvoir au Cambodge, vous (USA) ne pouviez pas remporter la victoire au Vietnam. Maintenant, le Cambodge étant avec vous, vous allez vaincre ces communistes viets -sic!-".
On dit, par ailleurs, que les U.S.A., non seulement n'étaient pas derrière le Putsch du 18 Mars 1970, mais encore se sont abstenus d'intervenir militairement au Cambodge et se sont contentés de donner aux Lonnoliens des aides financières et matérielles (sic!). On occulte les raids aériens sur le Cambodge et les bombardements (jour et nuit) de notre Pays par l'Aviation U.S. et, surtout, l'intervention (dès Avril 1970) des forces terrestres U.S. (infanterie, artillerie, arme blindée) bien à l'intérieur du Cambodge, et cela sur l'ordre du Président Richard Nixon. Et on fait semblant d'ignorer qu'à l'Université de Kent (USA) des étudiants américains sont morts pour avoir osé protester contre cette intervention au Cambodge des forces terrestres U.S. . A cette époque-là, les mass media, politiciens, etc... des U.S.A. eux-mêmes parlaient abondamment de tout cela. Mais on va jusqu'à m'accuser de favoriser criminellement les pays rouges au détriment du Cambodge et de ses "vrais" amis : USA, Thailande et Sud-Vietnam (Saïgon).
III/- Dans le livre en question, on me présente aux lecteurs comme étant le pire des leaders et cela, à tous égards. Dans chacune des périodes de ma vie de "top-Cambodian", je n'aurais été capable que de très mauvaises actions. Et c'est ainsi que, de retour au Cambodge, en 1991, je n'aurais fait que handicaper au maximum le travail de l'UNTAC et l'application des dispositions en faveur du Cambodge et de sa démocratie des Accords de Paris de 1991. "Ambitieux insatiable", en dépit de mon âge avancé, j'aurais fait un véritable "Coup d'Etat" (en 1993), voulant à tout prix priver mon fils Ranariddh des fruits de sa victoire légale et constitutionnelle aux élections législatives.
A cet égard, voici les faits réels :
a/- Durant son mandat au Cambodge, j'ai fait tout mon possible (c'est-à-dire le maximum) pour aider l'UNTAC à sa réussite dans sa très importante et bénéfique mission chez nous.
Récemment, S.E. Mr Yasushi Akashi a revisité le Cambodge. Il a tenu à me rendre hommage et à me redire que, tout au long de sa mission à la tête de l'UNTAC, je l'avais beaucoup aidé pour que sa mission et celle de l'UNTAC fussent un grand succès.
b/- Je n'ai pas fait de coup d'Etat et je ne me suis pas nommé Premier Ministre ou Chef de Gouvernement.
A cette époque-là, une tragédie s'était déroulée au Cambodge.
Le PPC de LL.EE. Chea Sim, Hun Sen et Heng Samrin continuait à rejeter absolument les résultats des élections législatives qui donnaient la victoire au FUNCINPEC du Prince Ranariddh. Il y avait un commencement de guerre civile avec la sécession de quelques provinces cambodgiennes et de très graves actes de violence dont furent victimes surtout des partisans du FUNCINPEC.
S.E. Chea Sim fit alors des démarches auprès de moi pour proposer une "solution" permettant de sortir de l'impasse, de mettre fin au mouvement de sécession et aux actes de violence, d'éviter la guerre civile. Et c'est ainsi que le PPC me proposa de prendre la tête du Gouvernement du pays avec 2 Vice-Premiers Ministres : S.A.R. Norodom Ranariddh et S.E. Hun Sen.
Il faut redire que le Cambodge était, à ce moment-là, plongé dans une situation qui pouvait devenir explosive et, par conséquent, destructrice de ce que notre Pays et son Peuple avaient acquis de par les Accords de Paris (1991).
A propos de ces Accords de Paris, je dois dire que dans les années 1980, j'avais, au cours d'une audience à l'Elysée, demandé au Président François Mitterrand de bien vouloir organiser des Conférences Internationales, avec la participation des quatre factions cambodgiennes et de la RSV, pour aider à la résolution du très grave "problème du Cambodge".