Question de l'Equipe du BMD

(Chhorn Hay, Ke Kimsè, Srey Nory)

et

Réponse de Sa Majesté NORODOM SIHANOUK

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Beijing, le 23 Mai 2003

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BMD : "Sire, au début de la décennie 1950 (avant Novembre 1953, mois et année de l'Indépendance totale du Cambodge), S.A.R. la Princesse NORODOM PINGPEANG YUKANTHOR, que Votre Majesté avait, sur sa demande, nommée Représentante du Royaume du Cambodge au sein de l'Assemblée de l'UNION FRANÇAISE, Vous rappela, au cours d'un déjeuner à la célèbre "TOUR D'ARGENT" de Votre ami français, Monsieur CLAUDE TERRAIL, Paris, que Vous n'étiez pas Roi descendant de Preah JAYAVARMAN VII mais, en réalité, descendant de Ta (grand-père) Trasâk P'aèm (Le Vieillard aux concombres sucrés)...".

 

 

NS : "I/- Selon certains historiens khmers : dans la période post-angkorienne il y eut, une nuit, un "incident grave" entre le Roi khmer et son jardinier. Ce dernier avait réussi à produire pour son Souverain des concombres sucrés (il s'agissait peut-être de melons. NS). Le Roi fut tellement friand de ces melons uniques en son Pays qu'il chargea ce brave "Ta Trasâk-P'aèm" de veiller jour et nuit, dans son jardin potager, sur les concombres sucrés "en gestation" afin que personne ne les volât. Une nuit, le Roi, subrepticement, se rendit au jardin potager en question afin de voir si "Ta Trasâk-P'aèm" dormait tranquillement dans sa petite maison ou si, au contraire, il restait éveillé et, consciencieusement, empêchait tout vol de ces concombres sucrés (ou melons) devant être réservés uniquement au Roi.

 

Or, "Ta Trasâk-P'aèm", qui veillait consciencieusement sur ses "melons", crut qu'il s'agissait d'un voleur et non pas de son Souverain en personne qui s'approchait des concombres sucrés. "Ta Trasâk-P'aèm" n'hésita pas à tuer le "voleur"..., c'est-à-dire son Souverain qu'il n'avait pas reconnu dans la nuit.

 

Et c'est ainsi qu'il ("Ta Trasâk-P'aèm") devint Roi du Cambodge lui-même, avec l'assentiment des mandarins et du peuple khmers.

 

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          Selon certains historiens français, il s'agissait d'une légende, une histoire invraisemblable. Selon ces historiens, il y eut peut-être, à cette époque-là, assassinat du Roi par une personnalité puissante et ambitieuse.

 

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          Moi, personnellement, je préfère être un Descendant d'un agriculteur appartenant au Petit-Peuple à une descendance d'un "LON NOL avant-la-lettre".

 

 

          II/- Qui était S.A.R. la Princesse NORODOM PINGPEANG ? Elle était l'une des enfants du fameux, très respecté et très admiré (par les Khmers et Khmères) Prince NORODOM YUKANTHOR et de la non moins respectée et admirable Princesse NORODOM MALIKA.

 

          Le nom de YUKANTHOR est resté célèbre chez nous (au Cambodge) ... jusqu'à aujourd'hui (année 2003). Fils de Sa Majesté NORODOM, le Prince NORODOM YUKANTHOR avait osé lutter (pacifiquement et sur le plan politique) contre le Colonialisme français, même en France, à Paris en particulier. Cette audace hautement patriotique lui valut de vivre les dernières années de sa vie ... en exil dans un pays ami.

 

          YUKANTHOR et son Epouse MALIKA étaient, comme mes grands-parents paternels SUTHAROT et PHANGANGAM, demi-frère et demie-sœur. Ils ont construit également une Ecole pour leur Petit-Peuple en leur quartier de Phnom Penh. Et leurs deux filles PENGPÂS (l'aînée) et PINGPEANG (la cadette) avaient choisi le métier d'Enseignantes pour instruire les enfants de leur Petit-Peuple. L'Ecole en question s'appelait MALIKA.

 

          "PENGPÂS" veut dire en Français "Tomate" (mais oui !) et "PINGPEANG" est, en français, "Araignée" (mais oui !). Il ne s'agissait pas de "nicknames" ou "petits-noms", mais de prénoms très officiels.

 

          "PENGPÂS" était joufflue, potelée et ronde comme une tomate. Et "PINGPEANG" était maigre et, avec ses bras et ses jambes non-musclés, "faisait assez araignée", physiquement !

 

          YUKANTHOR avait aussi un fils (ERANO), écrivain de talent. Ses livres étaient écrits en français. Et son Français était admirable. Mon Père aimait beaucoup les livres de son cousin, NORODOM ERANO.

 

 

          III/- Le "mémorable" déjeuner offert, à Paris, par NORODOM SIHANOUK, Roi du Cambodge, en l'honneur de sa "tante" NORODOM PINGPEANG, au très célèbre Restaurant parisien "LA TOUR D'ARGENT" dont le très distingué et internationalement célèbre propriétaire était (et est) l'élégant, très courtois et affable CLAUDE TERRAIL. Menu : Quenelles de Brochet André Terrail, Canard Tour d'Argent, Pêches flambées.

 

          Ce déjeuner devint "mémorable" pour moi parce que ma tante, "l'Araignée" m'y a dit : "Ne soyez pas un Roi orgueilleux et bombant la poitrine ! Car Vous ne descendez pas du très glorieux JAYAVARMAN VII, mais du "vieux paysan aux concombres sucrés"."

 

          Je répondis comme suit à ma tante "l'Araignée" : "Chère Tante, je n'ai jamais été un Roi orgueilleux et bombant la poitrine. Même face à des citoyens et citoyennes très humbles, je me montre toujours poli et courtois. Et si je descends de "Ta Trasâk-P'aèm", cela explique pourquoi le Petit-Peuple de la campagne khmère m'aime tant. Il y a entre nous (Roi et Peuple) des affinités qui s'expliquent par notre ascendance commune : paysanne. Ceci dit, vous devez savoir, ma tante, que si Norodom Sihanouk descend de "Ta Trasâk-P'aèm", S.A.R. la Princesse Norodom Pingpeang, elle, non plus, n'a pas une ascendance royale angkorienne".

 

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          Dans un tout autre ordre d'idée, je signale à mes honorables lecteurs et lectrices que l'aînée des "Yukanthor", la Princesse Norodom Pengpâs ("la Tomate"), au temps du SRN, était une Sihanoukiste-Sangkumienne convaincue.

 

          Je l'en récompensai en l'élevant au rang de "Samdech".".