Traduit de l'anglais

CRÉPUSCULE

(TWILIGHT)

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FESTIVAL TODAY,  New Delhi, 8 décembre 1969. Extraits:

          C'est un vrai Prince parmi les auteurs de films du monde. Le Scénario, le dialogue et les décors sont l'œuvre du Prince. Le film est produit par la Société Nationale de Cinématographie du Cambodge. Il est en Eastmancolour. Opérateur de prise de vues : Som Sam Ol.

          L'un des éléments intéressants du film est qu'il comporte un arrière-plan indien, et qu'il montre les liens culturels entre l'Inde et le Cambodge. Voici le résumé de l'histoire de "TWILIGHT" ("Crépuscule" en français):

 

Le Prince ADIT, un général en retraite de l'Armée Royale khmère, reçoit la Maharani MAYA, qui vient d'Inde, à titre d'invitée. Le Prince est dans sa résidence de campagne, à Siemreap. Adit et Maya s'étaient connus à New Delhi où le Prince était l'attaché militaire de son pays à l'Ambassade du Cambodge. Ils étaient à une réception à l'Ambassade de France, et la beauté de la Maharani Maya avait ébloui Adit. Depuis ce moment, il était profondément amoureux de la Maharani. ADIT avait invité à la fois le MAHARAJA  et la  MAHARANI  à venir visiter le Cambodge et voir les temples d'Angkor.

Mais ADIT  avait dû retourner dans son pays après avoir occupé sa fonction à New Delhi avant que ses amis indiens puissent se rendre à son invitation. De retour  au Cambodge, ADIT  fut la victime de ces temps difficiles. Sa femme le quitta pour un homme, un jeune star de cinéma. ADIT  lui-même fut atteint de malaria chronique. Et, en plus, il eut un accident qui le laissa boiteux pour la vie. Déprimé et abattu, il vivait dans sa villa de Siemreap. Le gouvernement du Cambodge lui envoya une infirmière diplômée qui le servit avec dévotion.

C'est à ce moment que la Maharani MAYA arrive, en invitée. Maintenant, elle est veuve, ayant perdu le Maharaja un an auparavant. MAYA et ADIT visitent les sites historiques de la civilisation Khmère. Ensuite, MAYA fait un voyage à Phnom Penh pour la célébration de l'anniversaire de l'indépendance du Cambodge. Mais Adit ne peut pas l'accompagner, car il est de nouveau tombé malade. L'infirmière dévouée, SOPHEAP, l'aide à se rétablir.

SOPHEAP,  qui venait d'une famille de paysans khmers, était très fidèle     à la famille royale. La maladie d'ADIT et la constante attention qu'elle lui consacre allument les flammes d'un profond amour pour ADIT chez  SOPHEAP.  Mais le Prince est totalement inconscient des remous de son Cœur.

Il ne pense qu'à aller à Phnom Penh pour retrouver MAYA . ADIT découvre que son amour pour MAYA est largement partagé. Et l'infirmière se rend compte des relations qui existent maintenant entre MAYA et le Prince ADIT.

Retournant à Siemreap, ADIT tombe de nouveau malade, mais cette fois-ci, MAYA remplace l'infirmière et reste jour et nuit au chevet de son amoureux pour veiller sur lui. Cela les rapproche encore. Une fois guéri, ADIT   avoue de manière détournée à MAYA qu'il l'aime. C'est plus que ce que SOPHEAP, l'infirmière, peut supporter. Plutôt que de voir ADIT aller vers MAYA, l'infirmière préfère se noyer.

La pire tragédie est encore à venir pour ADIT. La MAHARANI MAYA, retournant en Inde, lui écrit pour lui dire que la mort tragique de l'infirmière est un obstacle à la réalisation du désir de leur cœur.

          Comme le coucher du soleil, il atteint un point de non retour.

 

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THE HINDUSTAN TIMES,  mardi 9 décembre 1969.

Extraits:

          Ce film du Prince Norodom Sihanouk présente de manière calme et stylisée le tragique amour triangulaire du Prince ADIT, du Cambodge, de la Maharani MAYA, d’Inde, et de la jeune infirmière khmère du Prince, SOPHEAP.

          Mais l’histoire n’est qu’un prétexte pour expliquer la culture, l’histoire et le développement actuel du Cambodge, avec quelques remarquables aperçus sur son architecture et ses paysages.

          Le Prince Norodom explique qu’il a choisi une héroïne indienne pour illustrer le fait que, si le Cambodge a une dette vis-à-vis de l’Inde, il a également été sous d’autres influences, et que sa civilisation et ses œuvres d’art (comme Angkor) sont essentiellement un produit de son propre génie.

          MONIQUE SIHANOUK est très belle en Maharani, et DY SAVETH est ravissante en infirmière.

 

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 THE INDIAN EXPRESS ,  7 décembre 1969. Extraits:

          Une déclaration du Prince NORODOM SIHANOUK  au sujet de son film ‘TWILIGHT’ est présentée ci-dessous :

          « Le sujet de «TWILIGHT » m’a été fourni par l’excellent livre qui m’a été envoyé par mon ami BERNARD GROSLIER, l’archéologue français connu dans le monde entier, un livre très simplement intitulé «Angkor ». Ce livre est remarquable à tous points de vue : sa présentation, son texte, ses photographies, sa  valeur scientifique, sa valeur poétique (par exemple, l’admirable traduction en français des poèmes khmers gravés dans les pierres). En un mot, c'est l'œuvre d'un écrivain ayant une considérable expérience et une profonde culture. La lecture de ce livre m'a inspiré le tournage d'un film. Je ne voulais pas dépeindre dans le film tout ce qui est décrit, suggéré ou évoqué par l'éminent archéologue. Je ne voulais pas non plus filmer un document banal au sujet d'Angkor. Je voulais créer un film de "fiction" conformément à  mon habitude. C'est lors que j'ai imaginé une histoire d'amour qui pouvait être utilisé comme un fil conducteur par les spectateurs, qui sont invités à faire un agréable voyage dont ils devraient profiter intensément à travers mon pays, qui leur est présenté sous ses aspects les plus intéressants (...). Pourquoi les poèmes khmers du film sont-ils dits en français? En fait, ces poèmes ont été gravé en Sanskrit (...). L'utilisation de sous-titres aurait empêché que l'on suive facilement le développement des images; elles présentent des chefs-d'œuvre et des lieux d'un rare intérêt, qui exigent une attention continuelle et inlassable. De plus, la traduction française de ces poèmes est belle en elle-même et magnifiée par le travail de mon ami GROSLIER; sans aucun doute, mes compatriotes les apprécieront, et les étrangers aussi. »

 

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Extrait de l'hebdomadaire indien SHANKAR,  New Delhi, décembre 1969.

"TWILIGHT"

(Cambodge)

          « (...) Il y a deux manières de regarder ce film. La première, est d'y voir une déclaration contre la théorie selon laquelle les magnifiques ruines d'Angkor ne sont qu'une manifestation de la Renaissance de la culture hindoue. La  seconde est d'y voir une fort agréable excursion sur la magnifique terre des khmers. En combinant ces deux aspects, le Prince Norodom Sihanouk a laissé courir son imagination et a introduit l'histoire de la Maharani de Rajputana.

          Dans la mesure où l'on s'en tient à l'aspect numéro un, c'est aux historiens de donner leur accord ou d'exprimer leur désaccord avec le Prince. L'excursion avec la Maharani (dans la vie, la femme du Prince Sihanouk) est une merveilleuse expérience.

          L'histoire est celle d'un amour platonique entre la Maharani indienne veuve et le Prince ADIT divorcé. Le Prince passe le crépuscule de sa vie dans la quiétude d'Angkor, soigné par la fidèle infirmière Sopheap. Les flammes se rallument chez cet invalide lorsque la Maharani vient lui rendre visite. L'infirmière se consume d'amour pour lui, et quand elle comprend où va son cœur, elle se suicide, telle Ophélie.

          La fin tragique de la jeune fille sépare pour toujours le Prince et la Maharani.

          Madame Sihanouk en Maharani Maya exprime le charme dans toutes les circonstances. les deux acteurs principaux font revivre les traditions d'une royauté élégante et suprêmement formelle.

          (...) Le film est aussi clair que le cerveau d'un enfant et aussi frais qu'une fleur.

La Photographie par Som Sam Ol est excellente. »