AVANT‑PROPOS
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"Le Calice Jusqu'à La Lie" constitue la suite de mes "Souvenirs Doux Et Amers", parus en 1981.
Mon livre précité couvrait la période 1922 (année de ma naissance) à 1970 (année de ma "déposition" par Lon Nol, Sirik Matak et leurs partisans).
Cette période ne fut pas toujours agréable pour moi, tant s'en faut, mais elle comporta des années heureuses pendant lesquelles je connus un réel bonheur au sein d'une famille qui m'aimait et d'un peuple qui, dans sa grande majorité, m'adorait.
"Le Calice Jusqu'à La Lie" relate la période (1970‑1980) la plus noire, la plus douloureuse, la plus humiliante et pour tout dire la plus désespérée de ma vie ‑ et aussi la plus catastrophique pour ma patrie et son peuple.
Mes compatriotes et moi entrons ensemble dans un tunnel qui semble n'avoir pas de fin...
Dans "Le Calice Jusqu'à La Lie", une place importante sera donnée à la période 1975‑1979 où j'eus le triste privilège d'être prisonnier de fait des Khmers rouges ‑ et le douloureux honneur de prendre contact, d'une façon très intermittente, avec mes infortunés compatriotes réduits à l'esclavage.
Si je consacre une bonne partie du présent ouvrage à la période des trois années que j'ai passées en "résidence surveillée" chez les Khmers rouges, c'est parce que les lecteurs de mon premier livre, "Chroniques de Guerre et d'Espoir", se sont étonnés de ne trouver que peu de renseignements sur mon expérience de "prisonnier" à Phnom Penh.
En réalité, les "Chroniques ... " (auxquelles j'avais donné le titre, non retenu par l'éditeur, de "Quelques Réflexions et Commentaires sur le Conflit Kampuchea‑Vietnam") étaient consacrées au conflit Cambodge ‑ Vietnam et ne traitaient, par conséquent, qu'accessoirement de ma vie chez les Khmers rouges.
Cette "lacune" est comblée dans "Le Calice Jusqu'à La Lie".
NORODOM SIHANOUK