LE CALICE JUSQU'A LA LIE

 

Première partie

Chapitre 23

" PREMIER ANNIVERSAIRE"

 

Le 19 mars 1971, un an, jour pour jour, après mon installation à Pékin, la République Populaire de Chine célébrait le premier anniversaire de cet événement par un banquet offert en mon honneur dans la grande salle du magnifique Palais du Peuple, en présence de plus de 600 invités.

Parmi l'assistance, outre les plus hautes personnalités chinoises, on remarquait le Corps Diplomatique, représenté par la majorité des Ambassadeurs et Chargés d'Affaires en poste à Pékin, y compris ceux du bloc soviétique ‑ et, bien entendu, l'Ambassadeur de France

A cette occasion mon vieil et fidèle ami, le Premier ministre Chou En Lai, prononçait un important discours, dont on trouvera le texte plus loin. Qu'il me soit permis de signaler que l'éminent homme d'Etat chinois, qui ne cessera (comme le Président Kim Il Sung de la R.P.D. de Corée) de me témoigner les plus délicates attentions et de m’accorder les plus grands honneurs, profite de cette circonstance pour montrer au monde que son grand pays soutiendra notre lutte contre les Etats‑Unis et leur 3 valets de Phnom Penh jusqu'au bout ‑ jusqu'à la victoire finale.

Voici le texte in‑extenso du discours du Premier ministre chinois, S.E. Chou En Lai :

 

 

ALLOCUTION DU PREMIER MINISTRE CHOU EN‑LAI AU BANQUET

OFFERT EN L'HONNEUR DU PREMIER ANNIVERSAIRE DE L'ARRIVEE EN CHINE

DE SAMDECH NORODOM SIHANOUK

CHEF DE L'ETAT DU CAMBODGE,

ET DU PREMIER ANNIVERSAIRE

DE LA FONDATION DU FRONT UNI NATIONAL DU CAMBODGE

 

(19 mars 1971)

 

Respectés  Samdech Norodom Sihanouk, Chef de l'Etat du Cambodge et

Président du Front uni national du Cambodge, et Madame Sihanouk,

Respectés       Samdech Penn Nouth, Président du Bureau poli­tique du Comité central du Front uni national du Cambodge et

                       Premier Ministre du Gouvernement royal d'Union nationale du Cambodge, et Madame Penn Nouth,

Hôtes distingués cambodgiens,

Amis et Camarades,

Il y a un an, jour pour jour, le gouvernement et le peuple chinois ont réservé un accueil chaleureux à Samdech Norodom Sihanouk, chef de l'Etat du Cambodge, et à Madame Sihanouk ainsi qu'à Samdech Penn Nouth et à Madame Penn Nouth venus en visite dans notre pays. Bien des amis ici présents se sont joints à nous lors de cet accueil historique. C'était, le lendemain du coup d'Etat réactionnaire déclenché par la clique traîtresse de Lon Nol‑Sirik Matak à l'instigation de l'impérialisme américain. Ce dernier croyait bien pouvoir, depuis lors, asservir le peuple cambodgien à sa guise et transformer le Cambodge en une colonie, en une base militaire dans l'extension de sa guerre d'agression en Indochine. Mais, il s'est trompé dans ses calculs. Il ne s'attendait pas que de ce fait ait jailli le feu de la guerre de résistance du peuple cambodgien à, l'agression américaine, pour le salut national, et qu'une situation toute nouvelle s'en soit suivie dans la lutte solidaire des trois peuples indochinois contre l'impérialisme américain.

A la veille du premier anniversaire de la fondation du Front uni national du Cambodge, je tiens à exprimer, au nom du grand dirigeant du peuple chinois, le président Mao, et de son proche compagnon d'armes, le vice‑président Lin Piao, au nom du gouvernement et du peuple chinois, mes chaleureuses félicitations et ma haute estime à Samdech Norodom Sihanouk, chef de l'Etat du Cambodge et président du Front uni national du Cambodge, et à Madame Sihanouk, à Samdech Penn Nouth, président du Bureau politique du Comité central du Front uni national du Cambodge et premier ministre du Gouvernement royal de l’Union nationale du Cambodge, et à Madame Penn Nouth, ainsi qu'au Gouvernement royal d'Union nationale du Cambodge, au peuple cambodgien frère et à tous les commandants et combattants des Forces armées nationales du Cambodge.

Après son arrivée en Chine, Samdech Norodom Sihanouk, portant haut levé le drapeau de sauvegarde de l'indépendance nationale, s'est mis à diriger le peuple cambodgien dans une guerre de résistance courageuse. Il a publié le 23 mars 1970 une déclaration solennelle en 57 points, annonçant l'établissement du Front uni national du Cambodge, pris l'initiative de la convocation de la Conférence au Sommet des Peuples indochinois, et puis, proclamé la formation du Gouvernement royal d'Union nationale du Cambodge. Depuis un an, la lutte armée contre l'agression américaine et pour le salut national menée par le peuple cambodgien s'est développée avec la force de l’avalanche, et les 7 dixièmes du territoire national avec les 6 dixièmes de la population ont été libérés; ce qui a assené de rudes coups aux agresseurs américains et à leurs laquais, la clique traîtresse de Lon Nol‑Sirik Matak. En se prêtant mutuellement aide et soutien et en combattant côte à côte, les trois peuples indochinois ont remporté de grandioses victoires dans leur guerre de résistance à l'agression américaine, pour le salut national.

Notamment,  les victoires éclatantes remportées récemment dans la région de la route No 9 et au Sud‑Laos font l'objet des acclamations chaleureuses et de la vive admiration de la part des peuples du monde entier. En cherchant avec insolence à diviser les divers théâtres d'opérations indochinois, l’impérialisme américain n'a fait que transformer toute l'Indochine en un seul champ de ba­taille. La situation de guerre de résistance des trois peuples indochinois à l'agression américaine, pour le salut national, s'avère plus favorable que jamais auparavant.

 

La Chine est l'arrière du peuple cambodgien et des autres peuples indochinois dans leur guerre de résistance à l'agression américaine, pour le salut national. Bien que Samdech Norodom Sihanouk se trouve dans l'arrière, ses pensées se portent cependant vers le front. Il a fréquemment rendu publics des messages pour encourager le peuple dans sa volonté de combat. Depuis un an, répondant à son appel, nombre de patriotes cambodgiens se sont ralliés au F.U.N.C. les uns après les autres, et ont rejoint les rangs de la lutte contre l'agression américaine, pour le salut national. Aujourd’hui, le F.U.N.C. ne cesse de se développer et de grandir; il est devenu une puissante force qui guide le peuple cambodgien dans sa lutte.

Au cours de l'année écoulée, Samdech Norodom Sihanouk a mené d'intenses activités concernant les affaires de l’Etat. Il a visité la République démocratique du Viet Nam et la République populaire démocratique de Corée, et a reçu de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, envoyés diplomatiques, hommes politiques et personnalités connues des cinq continents, ainsi que des journalistes de divers pays. Le premier ministre Penn Nouth, de son côté, a également déployé beaucoup d'activités importantes sur le plan international. Tout cela a puissamment concouru à la guerre de résistance à l'agression américaine, pour le salut national, qui se déroule à l'intérieur du pays. Avec le développement continuel et victorieux de cette guerre de résistance menée par le peuple cambodgien, le F.U.N.C. et le G.R.U.N.C. jouissent d'un prestige grandissant dans le monde et gagnent un vibrant éloge et une haute admiration de la part dos peuples du monde.

                          

Les peuples chinois et cambodgien sont liés par une longue et profonde amitié traditionnelle. Et nos deux pays ont noué, en 1955, de nouvelles relations de coopération amicale sous le signe de l’esprit de Bandung et sur la base des cinq principes de la coexistence pacifique. Samdech Norodom Sihanouk a visité notre pays à plusieurs reprises, apportant une contribution remarquablement  au développement de l'amitié entre nos deux peuples. C'est en vers imprégnés de  sentiments enthousiastes qu'il a composé la chanson "Nostalgie de la Chine". Aujourd'hui, cette chanson, qui traduit le respect mutuel et la profonde amitié entre les peuples chinois et cambodgien, se fait partout entendre, depuis le pied de la chaîne des Tienchan jusqu'au bord de la mer méridionale.

 

Lors du voyage que Samdech Norodom Sihanouk a effectué, il n'y a pas longtemps dans le Nord‑Ouest et le Sud‑Est de la Chine, il a fait l'objet d'un accueil chaleureux de dizaines  de millions de révolutionnaires. Par cette visite, il a insufflé un encouragement à nos larges masses d'ouvriers, de paysans et de soldats, stimulé et impulsé notre travail dans la production comme dans les préparatifs en prévision d'une guerre. Nous tenons à lui exprimer à cet  égard nos sincères remerciements.

Les chinois et cambodgiens sont des frères, des compagnons d'armes. Depuis un an, ils sont encore plus étroitement unis par la lutte commune contre l'impérialiste américain. Aucune force ne saurait saper la grande amitié et l'unité militante entre nos deux peuples. Répondant avec détermination à la déclaration solennelle faite le 20 mai dernier par son grand dirigeant, le président Mao, le Peuple chinois soutiendra résolument le peuple cambodgien dans sa guerre de résistance à l’agression américaine, pour le salut national, s’unira fermement aux peuples du Cambodge, des autres pays indochinois et du reste du monde, et luttera de concert avec eux pour la victoire totale sur les agresseurs américains et tous leurs laquais.

 

Maintenant, je vous invite à lever le verre et à boire

Aux grandioses victoires du peuple cambodgien et des autres peuples indochinois dans leur guerre de résistance à l’agression américaine, pour le salut national,

A l'indépendance, à la paix, à la démocratie, à la neutralité, à l'intégrité territoriale et à la prospérité du Cambodge,

A la grande amitié et à l'unité militante des peuples chinois et cambodgien,

A la santé et à la longévité de Samdech Norodom Sihanouk, chef de l'Etat du Cambodge et président du F.U.N.C., et de Madame Sihanouk,

A la santé de Samdech Penn Nouth, président du Bureau politique du Comité central du F.U.N.C. et premier ministre du G.R.U.N.C., et de Madame Penn Nouth,

A la santé de tous les hôtes distingués cambodgiens,

A la santé du camarade  vice‑président du Conseil Radulescu

A la santé du général et de Madame Mongkhunvilay,

A la santé du camarade ambassadeur Nguyen Van Quang,

A la santé du camarade ambassadeur Ngo Thuyen,

A la santé du camarade ambassadeur et de Madame Hyun Joon Keuk,

A la santé des chefs de mission diplomatique et de leurs épouses ici présents, et

A la santé de nos amis et camarades présents à ce banquet!

*

*  *

Il me faut souligner qu'à cet anniversaire je suis entouré de considération et d'estime par un grand nombre d'Ambassadeurs étrangers, ceux des pays anti‑impérialistes et progressistes (dont, à l'époque, celui de la R.D.V.N., pays frère qui devait, hélas, devenir notre ennemi) et ceux de nations tout simplement éprises de justice.

 

Parmi ces diplomates qui ne cessent de m'apporter réconfort et encouragement, qui viennent souvent me saluer chez moi et me reçoivent, somptueusement, dans leur résidence de Pékin, je citerai les Yougoslaves (le Président Tito m'accordera jusqu'à sa mort un soutien très ferme et une affection inébranlable), les Roumains (le Président Ceaucescu me restera toujours fidèle), les Albanais (qui choisiront les Viets contre les Khmers Rouges dès 1979), les Egyptiens (grâce à mes liens affectueux avec le Président Nasser), les Guinéens (le Président Sékou Touré me considère, lui aussi, comme un frère), les Maliens, les Syriens, les Irakiens, les Cubains (Fidel Castro basculera plus tard, sans doute sous la pression de l'U.R.S.S., en faveur du "Gouvernement" fantoche de Phnom Penh), les Yéménites du Nord et du Sud, les Tanzaniens, les Zambiens, les Algériens, et j'en oublie certainement...

 

Du côté des Occidentaux, je citerai les seuls Français  (l'Ambassadeur Etienne Manac'h et le Ministre Conseiller Charles Malo) et l'Ambassadeur de Suède (le Premier ministre Olof Palme sympathise nettement avec moi et la Résistance khmère).

*

*   *

Après le discours de S.E. Chou En Lai, je reproduirai à l'intention de mes lecteurs deux correspondances très émouvantes d'amis étrangers.

 

La première a pour auteur le Médecin‑Général Armand Riche, praticien français très remarquable et l'un des plus nobles coeurs que je connaisse, qui a tant fait pour ma pauvre maman (S.M. la Reine Sisowath Kossamak), ma famille, mon peuple et moi‑même. Il m'a adressé de sa retraite de Béziers une très belle lettre me donnant surtout des nouvelles des miens et dont on trouvera le texte ci‑dessous:

                                                                                  Le 16 mars 1971

"Monseigneur,

    "Après vingt neuf ans, j'ai quitté le Cambodge. En d'autres circonstances ce départ eut été pour moi un déchirement. Hormis la tristesse que j'ai eue à quitter S.M. la Reine et les membres de la Famille Royale, mon départ s'est effectué avec un détachement complet, car aujourd'hui Phnom Penh vit dans l'absurde et l'incohérence. Par ailleurs, on a accroché à ma profession une étiquette politique et à mon retour au mois d'octobre j'ai été considéré comme un indésirable et écarté de mes fonctions à l'Hôpital et à la Faculté de Médecine. Sans doute a‑t‑on cru que mon intimité avec la Famille Royale ne corrompe une jeunesse que l'on soumet à un endoctrinement intensif.

"Le service de Coopération Technique, voyant mon activité de principe plus que réduite, il ne me restait donc qu'à retourner en France, car il avait été fait quelques réserves sur l'opportunité de ma présence. Cependant je suis resté auprès de S.M. la Reine, car à ce moment là elle devait quitter le Cambodge pour gagner la France. Malheureusement,  le Comité des jeunes s'est opposé à ce départ et tout a été remis en cause.

"Plus tard, S.M. le Roi du Laos et le Gouvernement laotien sont intervenus pour faciliter le départ de S.M. la Reine, mais cette éventualité n'a pas eu de suite.

"Aujourd'hui j'ai le sentiment, mais non la certitude, que S.M. pourrait quitter Phnom Penh,  mais j'imagine qu'Elle répugne à prendre une pareille décision, car il lui est très difficile de s'en aller alors que ses petits‑enfants  LL.AA. Ranariddh, Naradipo et Botum Bopha sont privés de leur liberté.

"Monseigneur, je puis vous apporter des nouvelles rassurantes sur vos enfants. Arrêtés pour "complot contre la  sûreté de l'Etat", tous les témoignages se sont révélés inconsistants et d’après ce que j'ai  appris, il n'y a aucune charge sérieuse dans leur dossier. La prévôté qui les a arrêtés ne sait comment apporter une solution à la situation délicate dans laquelle elle s'est mise. Le sort des prévenus est maintenant devenu plus doux. Ils peuvent recevoir des visites plusieurs fois par semaine, peuvent écouter la radio, dit‑on,  lire des journaux, faire des promenades dans la cour et depuis le début la princesse Norleak a été autorisée à leur faire parvenir leurs repas de l'extérieur.

"De la situation du Cambodge, je ne vous dirai rien que vous ne sachiez déjà. La capitale est pratiquement sans contacts avec le reste du pays. Le bruit de fond permanent est celui du canon et des détonations. Tous les édifices publics sont défendus par des blockhaus et des barbelés, beaucoup de rues sont barrées, le ravitaillement devient précaire, l'essence est de plus en plus rare et il y a un couvre‑feu à dix heures du soir. La population est lasse d’un conflit pour lequel elle n'a pas d'inclination, alors que depuis plus de quinze ans elle bénéficiait d'une façon inespérée d'une paix surprenante dans une zone du monde déchirée par des combats acharnés.

"Depuis le mois d'octobre j'ai  vu S.M. la Reine, sinon quotidiennement, tout au moins plusieurs fois par semaine. Médicalement, soyez sans inquiétude à son égard, car son état de santé est excellent. Il y a autour d'Elle le prince Monireth et le prince Kantol qui y sont en permanence, et la princesse Norleak qui lui rend très souvent visite. Ses médecins Sary, Samedi et Nop Puthea lui sont restés d’une fidélité exemplaire. En dehors de cela, Elle reçoit des visites pour lesquelles Elle a une certaine méfiance, car ses propos ne peuvent‑ils pas être rapportés et interprétés ?

"Lors de ma dernière visite, qui pour moi a té émouvante, Elle m'a recommandé de vous faire savoir que son plus vif désir, sa seule pensée, était de vous revoir un jour.

"Elle m'a chargé en partant de vous faire parvenir un paquet de sucreries, une lettre fermée et quelques feuillets écrits en khmer. Il y a aussi une lettre de votre petite fille, l’enfant de la princesse Bopha Devi.  Arrivé il y a deux jours, je remets le colis et la lettre à M. Chau Séng, mon voisin  à Béziers, qui,  comme au cours de l'été dernier, se chargera de vous faire parvenir l'ensemble.

"J'espère, Monseigneur, que mes propos vous apporteront une certaine joie, car ils vous apportent des nouvelles rassurantes des êtres qui vous sont les plus chers et qui conservent toute leur foi en vous.

"Pour ma part, laissez moi vous exprimer mes sentiments toujours fidèles et l'assurance de mon affectueux dévouement".

*

*  *

En second lieu, je reproduirai deux documents émanant de mon ami australien M. Colin Pratt. Je l'avais nommé Consul Général Honoraire du Royaume du Cambodge en Australie. Maintenu dans ses fonctions par la "République khmère", il a fait savoir à l'Ambassadeur du régime Lon Nol à Canberra que sa conscience lui, interdisait de demeurer à ce poste, en particulier en raison du "traitement très peu civilisé accordé aux membres de la famille du prince Norodom Sihanouk". Dans une déclaration destinée à la presse, M. Colin Pratt adresse un bilan véridique et impitoyable de l'action de la "République khmère".

 

M. Pratt est resté un très fidèle ami du Cambodge, de son peuple et de son Prince. Cette personnalité, si noble et généreuse, a continué dans les années 80, en Australie comme dans les arènes internationales,  à être l'ardent et talentueux avocat de mon peuple et de ma personne.

 

 

 

His Excellency

The Ambassador                                                                    2/4/71

Embassy of the Khmer Republic,

Canberra.

 

Your Excellency,

Following my earlier suggestion regarding my position I now submit my resignation as Honorary Consul General of the Khmer Republic.

As you are aware I have been very unhappy with events in Cambodia over recent months. It was only because I hoped that certain circumstances could be altered that I remained as Consul General to the present time.

It is now obvious that these hopes cannot be fulfilled. Indeed, the recent actions of the leadership in Phnom Penh have emphasised this particularly with regard to the very uncivilised treatment accorded members of Prince Norodom Sihanouk’s family.

I would be obliged if you would inform your government of this, my resignation, as Honorary Consul General with jurisdiction in Victoria South Australia, Western Australia and Tasmania.

It is with regret and disappointment that I take this action as I have valued highly this mark of respect and honour bestowed upon me by the Khmer people.

Perhaps in happier times I can again officially serve the Khmer nation for which I have a deep affection.

Please accept, Your Excellency, the assurance of my high consideration.

 

Colin Pratt

 

 

 

Statement Accompanying the Resignation of Colin Pratt as

Honorary Consul of the Khmer Republic

                 

Prior to the establishment of the present regime in March, 1970, Cambodia was a  neutralist country which had, in spite of considerable external pressures, avoided for many years the carnage and tragedy of the Vietnamese war.

Since that date the regime ham involved the Cambodian people in the most desperate and destructive struggle which risks national and ultimately, ethnic survival.

I cannot support a regime that has destroyed the peace and serenity of seven million people and thrown them into a widening Indo‑China struggle that can only bring suffering and humiliation.

I cannot support a regime that has deliberately caused foreign forces to unmercifully bombard loot and destroy the Khmer State, kill its people and in a few terrible months, completely eliminate the sacrifices of an emerging country struggling for self development and fulfilment.

I cannot support a regime that has turned its back on successful neutrality and opted to take sides in the East‑West conflict. Regardless of the outcome Cambodian neutrality is lost forever and she must remain a satellite of communism or capitalist imperialism.

I cannot support a regime that has withdrawn from the Khmer people the right of free and universal franchise elections which made their democracy rare in Asia. Never again will these elections be held; in their place will be the guided democracy of one or other of the ideologies.

I cannot support a regime that declares a "republic" without recourse to the people and then cruelly imprisons members of the royal family on grounds of treason, disregarding pleas that the ex‑Queen and her family be permitted to retire into exile.

I cannot support a regime that has given license to a racialism that has caused the death of thousands of Vietnamese people and ensured the dispossession and slaughter of Khmers by retaliating South Vietnamese troops.

But I will continue to support and assist the Khmer nation and people. To do this precludes me from continuing as Consul General, which I deeply and sincerely regret.

  Pour finir, voici le récit des principaux événements qui se déroulaient au Cambodge ‑ et aux Etats‑Unis ‑ en ce premier anniversaire de mon installation à Pékin. Il s'agit de témoignages venant de la presse étrangère, en grande partie défavorable au FUNC et au GRUNC. Mais "les faits sont têtus" et, à de rares exceptions près (les zélateurs inconditionnels de Lon Nol et Sirik Matak), la plupart des correspondants de presse n'osent pas nier la réalité des choses, à savoir l’échec sur tous les plans (militaire, politique, économique, financier, etc) des réactionnaires "Khmers bleus", dont les rodomontades ne sont plus prises au sérieux par les observateurs honnêtes...

 

Les événements en résumé

 

‑ L'aviation U.S. détruit une pagode et trois villages et tue un grand nombre de civils et moines khmers pour... sauver un militaire américain dont l'hélicoptère a été abattu par les Résistants.

‑ Des professeurs et écrivains français demandent au Gouvernement français de prendre plus fermement position contre la guerre d’Indochine et de reconnaître le Gouvernement de Sihanouk.

‑ Racisme des "Khmers républicains" à l'encontre des résidents chinois.

‑ Au championnat du monde de ping-pong, les joueurs de la R.P. de Chine préfèrent renoncer à conquérir les titres mondiaux plutôt que d'avoir à jouer des matches contre les joueurs de la "République khmère".

‑ Bombes U.S. sur le Vietnam et le Cambodge: plus de 2 fois le tonnage des bombes jetées sur l'Allemagne pendant toute la seconde guerre mondiale.

‑ L'Australie soutient la "République khmère".

          - Les pacifistes U.S. contre Nixon et contre la guerre U.S. au Cambodge et en Indochine. Le mouvement pacifiste américain s'amplifie.

- Détérioration plus grave encore de la situation militaire, politique, économique de la "République khmère". Le prix des denrées de première nécessité croit de 250% en un an.

‑ Tentative de restaurer la Monarchie, en désespoir de cause.

‑ Le député "républicain" Douc Rasy, dans un article, discrédite le général "républicain" Sosthène Fernandez.

‑ Lon Nol quitte l'hôpital U.S. de Honolulu pour revenir à Phnom Penh.

‑ Division des putschistes.

‑ Situation socio‑économique catastrophique.

‑ Ridicules rodomontades et fatuité de Hing Kunthel, "gouverneur de la Banque de la République khmère".

          ‑ Paroles d'un fou Lon Nol affirme que son armée, depuis mars 1970, a remporté de "grandes victoires", que sa "République khmère" est indépendante, libre, démocratique et qu'il lui faut maintenant devenir un second Israël, ou Japon.... ou Suède!

‑ Une sombre peinture de la situation de la "République khmère" par un correspondant du "Monde".

‑ Pitoyables éloges et prédictions de Rogers (Secrétaire d'Etat U.S.) en faveur de Lon Nol et de son équipe.

‑ Lon Nol et Sirik Matak: à couteaux tirés.

‑ Aveu des Américains: ma déposition est l'oeuvre d'un homme Lon Nol.

‑ La cruauté et la barbarie des troupes khmères‑krom, mercenaires des Américains.

‑ Crise gouvernementale: manoeuvres et contre‑manoeuvres des "grands commis" khmers de l'oncle Sam à Phnom Penh.

‑ Son Thai Nguyen et les autres bellicistes khmers pro‑U.S., à Saigon et à Phnom Penh, voyant que leurs maîtres et eux‑mêmes perdront inévitablement la guerre dont ils ont déclenché le mécanisme, se mettent à réclamer à cor et à cri une nouvelle Conférence de Genève sur l'Indochine pour réaliser la paix. Mais ce sera en vain.