LE CALICE JUSQU'A LA LIE …
DEUXIEME PARTIE
Chapitre 18
1976 : UNE QUETE PASSIONNEE DE LA GLORIOLE
Toutes les personnalités khmères rouges, possèdent un dénominateur commun: une haine viscérale de Sihanouk. Cette haine, à mon avis, provient des causes suivantes:
Premièrement, l'influence extraordinaire exercée par Son Ngoc Thanh, dans les années 40 et 50, sur le corps enseignant et les élèves du Cambodge. Son Ngoc Thanh, pourtant ami de mes parents Suramarit, a choisi, entre 1941 (année de mon accession au Trône) et 1975 (année de la victoire des Khmers Rouges), de lutter à mort contre Sihanouk qu'il accuse d'être un Leader indigne, débauché, corrompu, traître à la Patrie, valet de la France colonialiste. Son Ngoc Thanh dirigeait un groupe de "patriotes" nationalistes dont le but suprême était le renversement de la Monarchie khmère accusée, d’oppression, d’absolutisme, de pouvoir rétrograde, de corruption et d’obscurantisme. Son Ngoc Thanh et son ami, le politicien bien connu Sim Var, pensaient (et ils avaient raison) que pour avoir le peuple khmer avec eux, il leur fallait conquérir le clergé bouddhique et que, pour avoir la jeunesse et les intellectuels avec eux, ils devaient travailler au corps ... le Corps Enseignant et le secteur de l'Education nationale. Des élèves nommés Pol Pot, Ieng Sary, Son Sen, Khieu Samphân, Hou Yuon, Hu Nim, Koy Thuon, Nuon Chea, des demoiselles scolarisées nommées Khieu Ponnary (la future Madame Pol Pot), Khieu Thirith (la future Madame Ieng Sary), devinrent vite des Thanhistes enthousiastes et des anti‑monarchistes éprouvés, malgré leur jeune âge …
Deuxièmement, l'influence du Communisme français et celle du Viet Minh. Il faut, à ce sujet souligner le fait que tous les leaders K.R. ont fait, grâce à l'obtention de bourses du Protectorat français (années 40), et celles du Gouvernement Royal du Cambodge (années 50), leurs études supérieures en France, dans les meilleures universités de Paris et des provinces. Le Thanhisme de droite des futurs dirigeants khmers rouges se teinte peu à peu de rose, puis de rouge au contact des gauchistes, progressistes et communistes français et internationaux. De l'Histoire de France, nos futurs Khmers Rouges retiennent surtout les épisodes les plus sanglants, en particulier ceux de la Révolution de 1789/1793. La décapitation de Louis XVI, auquel ils me comparent très volontiers, ainsi que le travail intensif des guillotines françaises fascinent ces Messieurs et Demoiselles pourtant issus de milieux très bourgeois - mais certains révolutionnaires français n'étaient-ils pas issus de familles, les unes bourgeoises, les autres aristocratiques ? La famille de Khieu Ponnary et Khieu Thirith, les deux soeurs, appartient à la haute bourgeoisie et était très liée à celle de mes grands-parents paternels. Ils habitaient le même quartier à Phnom-Penh. Dans ma jeunesse, j'ai bien connu la petite Khieu Ponnary, toujours première de sa classe, d’abord à l’Ecole Sutharot (école créée par mes grands-parents, le prince et la princesse Sutharot) et ensuite au Lycée Sisowath... Plus tard, les Ponnary et Thirith donneront l’ordre à "leur" peuple (années 70) de n’avoir que des noms monosyllabiques, des noms de "paysans pauvres". C'est ainsi que mon cousin et ancien ministre, le prince Norodom Phurissara, deviendra "l'ami Moeun" - nom monosyllabique. "Ponnary", "Thirith" sont des noms aristocratiques car polysyllabiques et d'origine pali (pali; une langue sacrée venue de l'Inde). Thirith veut dire "la puissance". Les deux égéries du Régime khmer rouge se réserveront l'exclusivité des noms pluri syllabiques et d'origine savante ... Pol Pot (alias Saloth Sâr) lui-même, se disant fils de paysans pauvres, appartient en réalité à une famille de mandarins du Palais Royal. Sa cousine, Mme Meak, fut la favorite n° l de mon grand-père, S.M. le Roi Monivong ! Il faut, donc expliquer l'ardeur anti‑monarchique et anti‑sihanoukiste des leaders K.R. par leur soif d’éliminer une "race supérieure" à la leur afin de pouvoir se hisser à leur tour au sommet de la hiérarchie dans la société khmère. Ils remplaceront la "féodalisme" et «l'absolutisme» royaux par leur propre féodalisme et leur propre absolutisme, poussés jusqu'au paroxysme ...
Troisièmement, l'influence du communisme chinois (maoïsme) qui les séduit définitivement à partir de 1956, année du commencement de la "lune de miel" entre Chou En‑lai et Sihanouk... De nature très envieuse, les futurs fondateurs du Kampuchea "Démocratique" n'auront de cesse de déployer des efforts inouïs afin de supplanter Sihanouk dans le coeur de Mao Tsé‑Toung Chou En‑lai et celui du peuple chinois...
Quatrièmement, l’humiliation de la défaite des Thanhistes du "Parti Démocrate" et celle des Communistes du "Parti du Peuple" alias "Pracheachon" ‑ aux élections législatives de 1955. Ces élections se sont déroulées sous le contrôle de la C.I.C. (Commission Internationale de Contrôle) ayant l'Inde comme Président, la Pologne (communiste) et le Canada (monde libre) comme membres. C'est le Saingkum, parti de Sihanouk, qui a emporté la victoire (82% des voix). La Parti Démocrate en a obtenu 13%, et les Communistes ... 3% seulement. Dans son discours fleuve de Septembre 1977, Pol Pot le "super‑Staline" ou plus exactement le le “super Hitler” du Cambodge "révolutionnaire", m'accusera avec la pire violence verbale d'avoir "truqué" ces élections. Mais Pol Pot condamnera également les Thanhistes du Parti Démocrate et les Communistes alors dirigés par les pro‑Vietnamiens rouges de s'être volontairement fourvoyés dans "l'ignominieux piège" tendu par les "traîtres féodaux super‑fascistes" (sic) du "Saingkum Chas" ‑ l'ancienne société. Selon Pol Pot, en acceptant de se mesurer aux "princes" (sic) dans une confrontation électorale aux pétards mouillés, les Thanhistes et Communistes n'ont fait que renforcer sur le plan international comme au sein du pays la position dictatoriale des "féodaux sanguinaires super‑fascistes" (sic), c'est‑à‑dire de Sihanouk. Et Pol Pot de révéler que c'est lui qui a ordonné à Khieu Samphan et à quelques autres camarades (il n'osera pas prononcer les noms de Hu Nim et Hou Yuon qui sont liquidés sur son ordre respectivement en 1977 et Avril 1975) de s'infiltrer dans la forteresse ennemie afin de la démanteler de l'intérieur ...
Cinquièmement, la dispute entre les trois infiltrés dans mon Parti et moi, et aussi, comme me l'a révélé Son Sen, en 1973, l'influence secrète de Lon Nol qui incite les Khmers Rouges à une haine plus exacerbée contre Sihanouk. En effet, Lon Nol, lui aussi, prépare, clandestinement, mon renversement.
La République Populaire de Chine, pour sa part, a joué le rôle suivant:
Chou En‑lai, en Avril 1955, à Bandung (Première Conférence au sommet des pays Africains et Asiatiques) avait réussi à nouer des liens de grande amitié avec moi. En 1956, une "Représentation" diplomatique de la R.P. de Chine s'installe à Phnom Penh. En 1958, cette Représentation devint Ambassade... Mon amitié avec la Chine de Mao Tsé‑Toung et Chou En‑lai n'a fait que se développer entre 1955 et 1970... Mais, dans le même laps de temps, la Chine a profité de l'installation d'une mission diplomatique chinoise au Cambodge pour nouer des relations de plus en plus étroites avec les crypto‑communistes cambodgiens (Khmers Rouges). Selon les révélations radiodiffusées de Pol Pot en 1977, il y a eu même des voyages de leaders khmers rouges en Chine et l’élaboration entre Khmers Rouges et Chinois de plans de coopération (sic) dans tous les domaines ... Après le coup d'Etat de Lon Nol (18 Mars 1970), la Chine aidera puissamment Pol Pot et son équipe à réaliser au Cambodge l’avènement d'un pouvoir khmer rouge, avec cependant Norodom Sihanouk "toujours comme chef d'Etat".
Mao Tsé‑Toung et Chou En‑lai étaient sincères quand, auprès des Khmers Rouges, ils insistaient pour que ceux‑ci gardassent indéfiniment Sihanouk (devenu inoffensif par suite de son renversement par les Lonnoliens) à la tête du nouvel Etat déjà prévisible au lendemain du putsch des officiers khmers pro‑américains... J'ai dit "sincères”.. car, d'une part, Mao et Chou avaient une certaine dette de reconnaissance envers moi qui avais lutté avec acharnement, à l'ONU, chez les non‑alignés, etc... pour défendre la juste cause, la légitimité de l'Etat communiste chinois, et d'autre part, sur un plan moins sentimental et plus pratique, Mao et Chou savaient parfaitement que Sihanouk servirait à contenter le peuple khmer et à assurer au Régime K.R. à venir, non seulement la stabilité au sein d'une nation restée bouddhiste et partiellement monarchiste, mais encore la respectabilité et la popularité dans la communauté internationale, en particulier parmi les pays non‑alignés.
La demande de Sihanouk d'être mis à la retraite à partir d'Avril 1976, demande que les Khmers Rouges ont agréée, dérange très gravement le plan des Chinois qui n'avaient aucune inquiétude quant au succès politique et moral du Régime Khmer Rouge, tout sanguinaire qu'il est, tant chez le peuple khmer que dans l'arène internationale, dès lors qu'il était cautionné par Sihanouk.
Avec le retrait de Sihanouk de la présidence de l'Etat du Kampuchéa "Démocratique", il faut combler cet important handicap par un redoublement des efforts conjugués de la diplomatie chinoise et de celle (minable) de l'équipe de Ieng Sary en vue d'acquérir pour le Kampuchéa soi‑disant "Démocratique" un maximum de prestige au plutôt un minimum de discrédit sur les deux plans, national khmer et international.
Grâce, sans aucun doute, à la (très brillante) diplomatie chinoise, appuyée sur des arguments chinois sonnants et trébuchants (aides et promesses de nouvelles aides économiques, financières et autres), une vingtaine de pays dans le monde (le tiers‑monde surtout) envoient via Pékin (Phnom Penh n'a pas de liaison PTT directe avec le monde extérieur) des messages de félicitations à l'occasion de la "double fête" d'Avril 1976: l’avènement de Khieu Samphân en tant que nouveau chef de l'Etat kampuchéen et le premier anniversaire de la victoire khmère rouge sur l'impérialisme U.S. et ses valets. Il faut dire que les télégrammes à Khieu Samphan le félicitant de son "élection" sont deux fois moins nombreux que les télégrammes félicitant la Fête nationale du Kampuchéa. Et il faut souligner le fait que parmi la vingtaine de télégrammes en question se trouvent près de dix messages venus du Bloc Soviétique (URSS, Mongolie, Tchécoslovaquie, Bulgarie, Pologne, Allemagne de l'Est, Hongrie, Cuba ...). Le succès est donc mince, très mince même, si l'on se rappelle que l'ONU possède plus de cent cinquante membres et les pays non‑alignés sont au nombre de plus de 80.
Passé maître dans l'art de transformer les échecs en réussites et les défaites en victoires (à l'exception, évidemment, de l'authentique victoire du 17 Avril 1975), le leadership khmer rouge clame, à la radio, nuit et jour, pendant une semaine, son soi‑disant succès "moha âschar" ‑ extrêmement extraordinaire (sic), son "succès universel". Selon les affirmations tonitruantes de la Radio du Kampuchéa Démocratique, le monde entier (sic) a les yeux tournés vers le Régime nouveau (ce qui est parfaitement vrai pour ce qui concerne sa politique de génocide populaire) ... Mais, bien entendu, la Radio de Phnom‑Penh ne souffle mot des condamnations et des cris horrifiés de la communauté internationale à l'encontre de la soi‑disant "universellement admirée" révolution kampuchéenne. En revanche, cette Radio prétend cyniquement que tous les peuples de la terre acclament avec un enthousiasme indescriptible les formidables réussites de la Révolution khmère rouge, qui est la plus avancée de toutes les révolutions, la plus pure, la plus démocratique, la plus juste (il s'agit de la justice sociale) ...
Pour cacher l’indigence du mouvement de félicitations de la communauté des Etats et Gouvernements dans le monde à l’adresse de son Directoire, la Radio du Kampuchéa Démocratique trouve astucieux d'ajouter à la vingtaine de télégrammes de félicitations venant des chefs d'Etat et chefs de Gouvernement une quinzaine d'autres télégrammes de félicitations, expédiés par des groupuscules politiques de tendance maoïste et des (minuscules) partis marxistes‑léninistes d'Europe et d'Amérique, dont la survie n'est due qu'aux subsides généreusement dispensés par Pékin... Du coup, les chefs des inconnus Partis Marxistes‑Léninistes de pays sans importance se hissent au même rang qu'un Léopold Sedar Senghor ou un Houari Boumediene, ce qui ne laisse pas d'être pittoresque.
Chose amusante, les éloges les plus dithyrambiques viennent du minuscule Parti Marxiste‑Léniniste (communiste maoïste) de New York qui, faisant d'une pierre deux coups, profite de l'occasion pour matraquer (en paroles) l'impérialisme U.S., dénoncer les innombrables injustices sociales et autres forfaitures dont se rendait coupable le régime capitaliste des USA et dont se sont rendus coupables, au Cambodge d'avant l'avènement des Khmers rouges, les régimes monarchique et, ensuite, "républicain" lonnolien!
En entendant ces folles spéculations de Radio K.R. sur la soi‑disant "prestige universel incomparable" de l'Angkar Padevatt, alias Parti Communiste du Kampuchea, la poignée de garçons et filles khmers rouges qui me servent au Palais Khémarin bombent la poitrine et disent à mon entourage, qui feint de son côté une admiration béate: "Vous voyez? C'est une chance inespérée pour notre pays, le Kampuchéa, et notre peuple, de pouvoir, grâce à notre très respecté et bien‑aimé Angkar, sortir du fossé (sic) des humiliations nationales, dont était coupable le Saingkum Chas (l'ancienne société), pour devenir le phare de la révolution des peuples du monde et le champion de l'édification socialiste. Avez‑vous remarqué que tous (sic) les peuples et pays du monde ont adressé à notre Angkar (note: le nom de Khieu Samphân est carrément remplacé par celui de l'Angkar, c'est‑à‑dire Pol Pot/Ieng Sary) de magnifiques messages de félicitations et d'admiration?"
Naturellement, tout mon entourage doit se pâmer d'admiration devant cette gloire extraordinaire du régime de MM. et MMes Pal Pot et Ieng Sary. Cela donne l'occasion à mon fils cadet Narindrapong et à son cousin Chittara d'injurier plus copieusement que jamais la défunte Monarchie et la Régime disparu des "Républicains" lonnoliens "incapables" de procurer au peuple, à la nation et au pays khmer le moindre prestige et la moindre popularité. Chittara en arrive à composer un hymne à la gloire immortelle de l'Angkar, hymne qu'il chantera à tue‑tête pendant les 3 années de notre confinement.
Depuis 1970, Ieng Sary, le tout‑puissant co‑dictateur (avec Pal Pot), s'attache pour sa part à se glorifier au maximum... dans les émissions de la Radio de son Kampuchéa "démocratique". Même une simple audience d'Ambassadeur au de chargé d'Affaires devient un événement de la plus haute importance. Le compte‑rendu radiophonique de l'audience s'attarde longuement sur les soi‑disant éloges enthousiastes formulés, par ledit Ambassadeur ou Chargé d'Affaires à l'adresse des Dirigeants "moha phlu svang moha âschar" du K.D. (c'est-à‑dire Ieng Sary, lui‑même). On sait que dans une audience diplomatique, le diplomate se doit d'exprimer des compliments d'usage à son hôte. Pour Ieng‑Sary, ces compliments d'une fade banalité deviennent autant de témoignages impressionnants de l'admiration que l'Univers tout entier conçoit à l'égard de son régime et de sa personne. Les compte‑rendus de ses interventions à l'ONU ou chez les non‑alignés prétendront que ses discours sont des dizaines de fois interrompus par les applaudissements sans fin des autres délégués et qu'une fois ses discours finis, une soixantaine de chefs de délégation se précipitent vers lui pour l'entourer, l'embrasser, le féliciter avec la plus intense admiration. En janvier 1979, à New York, j'aurai l'occasion de demander à certains Ambassadeurs étrangers si ce succès phénoménal de Ieng Sary a bien existé. Tous, y compris l'Ambassadeur de Yougoslavie, m'assurent que c'est "de la blague" (sic), une blague de la part des thuriféraires khmers de Ieng Sary et de Sary lui ‑même !
Certains journalistes étrangers ont écrit que Norodom Sihanouk aussi était passé maître dans l'art d'organiser sa propre propagande.
Je ne nie pas que mes publications et ma radio, dans les années 50 et 60, faisaient de la propagande pour moi et qu'il m'arrivait même d'écrire des articles défendant passionnément mes points de vue, ma politique, ma diplomatie et mon œuvre d'édification nationale. Mais les observateurs de bonne foi témoigneront que, premièrement, dans mes propres journaux et revues, je publiais aussi, souvent in‑extenso, les critiques des journalistes étrangers et des journaux et magazines dans le monde; deuxièmement, dans le programme quotidien de la Radio du Royaume du Cambodge, il y avait des bulletins de nouvelles étrangères librement conçus par des spécialistes français venant de l’ORTF ; les éditoriaux de la Radio et de l'Agence khmère de Presse étaient écrits sans aucune directive de ma part par B.H. (français) et d'autres contempteurs virulents, par la suite, de Sihanouk; et dans le programme musical et théâtral de "ma" Radio et de "ma" télévision, il n'y avait aucun morceau de musique chantant ma gloire ou les mérites de mon régime (il n'y avait que de la musique classique, de la musique légère et des chansons d'amour) et il n'y avait aucune pièce théâtrale à but idéologique, ou politique, ou de propagande.
En matière de propagande et de quête de la gloire, il faut rendre à César ce qui est à César, Sihanouk n'est qu'un petit amateur en la matière à côté d'un Ieng Sary, d'un Pol Pot ‑ et même d'un Khieu Samphân qui, en Août 1979 à Vienne (Autriche) et en Septembre 1979 à La Havane, ira jusqu'à affirmer urbi et orbi que, lui et les autres Khmers Rouges, non seulement n'ont pas tué des millions ou même des milliers de personnes, mais encore qu'ils n'ont tué personne !
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